jeudi 15 août 2013

96 Camille Bourniquel 3 Chopin (1994) : étude du chapitre "Nationalités"

Quelques informations à propos du livre de Camille Bourniquel sur Chopin : étude du chapitre « Nationalités » de l’édition de 1994.


Classement : questions biographiques ; écrits sur Chopin





Ceci est la suite de la page Camille Bourniquel 3, consacré à la réédition de l’ouvrage intitulé Chopin (Editions du Seuil, 1994).

J’étudie ci-dessous le chapitre 2 de ce livre, intitulé « Nationalités », en le comparant à la version de la première édition (1957).

On trouvera sur des pages spécifiques :
*le texte de1957 ;


Vue d’ensemble : comparaison avec le texte de 1957
Le mode de présentation du texte permet de voir que la plus grande partie du texte de 1957 a été conservée telle quelle ; en dehors de quelques retouches de détail, l’auteur a surtout éliminé le paragraphe qui constituait le cœur de son argumentation « anti-polonaise » (de « on parla » à « revenons aux faits »). On retrouve cependant la plupart des formules polémiques de 1957, qui apparaissent désormais quelque peu dépourvues de consistance  : « hypothèses invérifiables », « faire regagner des points », « apocryphes », « supercherie », « lutte livrée en coulisse », « assertion indéfendable ». En revanche, on ne retrouve plus les nombreux indéfinis (« on », « certains »), qui donnaient à l’historiographie de Chopin (vue par Bourniquel) une allure de complot mystérieux.

Le paragraphe supprimé a été remplacé par une évocation succincte de Marainville dans les années 1770-1780 : Bourniquel se sert ici de l’apport de la thèse de Gabriel Ladaique sur Les Ancêtres paternels de Frédéric Chopin. Il introduit le comte Michel Pac et le régisseur Adam Weydlich sans évoquer les insinuations anciennes sur Madame Chopin.

On retrouve donc le plan de 1957 (les « origines de Nicolas Chopin étant traitées de façon très différente) :
A) la polonité de Chopin, objet de débat
B) « des hypothèses invérifiables et des faux » : l’affaire de la correspondance Chopin-Delphine Potocka ; les origines de Nicolas Chopin ;
C) le problème du départ de Nicolas pour la Pologne et de ses liens ultérieurs avec sa famille de Lorraine ; le degré de son assimilation en Pologne
D) le sentiment national de Chopin : son nationalisme polonais ; le nationalisme prophétique de Mickiewicz ; l’exil de Chopin et le sentiment nostalgique de la patrie ; sa relation aux sources folkloriques et l’élargissement à la poésie universelle ; son refus des consignes politiques ; ses relations avec le milieu des exilés
E) la relation de Chopin avec la France ; sa double appartenance.

Sur cette page je laisserai donc de côté les parties A et B, pour évoquer les parties C à E.

Analyse 
Partie C
1) Origines de Nicolas Chopin
On remarque que Bourniquel remplace « l’ascendance française » (pages 18) par « la nationalité française » (page 20).

2) Le départ en Pologne et ses liens avec sa famille
a) La lettre de 1790
L’idée « qu’une des sœurs de Nicolas peut l’avoir cachée à ses parents » n’est pas très vraisemblable, compte tenu de ce qu’était le courrier à cette époque ; il paraît difficile d’imaginer qu’une lettre de Pologne soit arrivée à Marainville sans que ses destinataires (les parents de Nicolas) le sachent [c’est un point qui mérite approfondissement] ; probablement  la lettre a-t-elle été reçue et est-elle passée dans les mains d’une des sœurs lors de la mort du père.

b) La succession de 1814
Bourniquel n’indique malheureusement pas ses sources (il ne s’agit pas de Gabriel Ladaique, puisque la même phrase se lit dans l’édition de 1957).

c) Les relations de Frédéric avec ses tantes de Lorraine
Il paraît probable que s’il avait connu leur existence, nous en aurions des traces, à moins que Nicolas lui ait strictement interdit toute relation : mais il est plus probable qu’il n’a jamais parlé de ses sœurs à sa famille de Pologne, qu’il n’a pas non plus parlé de Marainville. En revanche, il a probablement évoqué, ses père et mère, en les présentant sans doute comme nancéens et décédés avant que la question d’une entrée en relation se pose.

3) Le degré de son assimilation en Pologne
Bourniquel veut montrer qu’elle « ne fut pas totale ». L’objectif est un peu inepte : aucun immigré ne peut devenir identique à un autochtone ; aucune assimilation ne peut être « totale ».

Partie D (pages 23 à 31)
Cette partie ne paraît pas poser de problèmes importants : il s’agit surtout de généralités, parfois intéressantes.

Partie E (pages 31-32)
Même remarque.



Création : 15 août 2013
Mise à jour : 24 avril 2014
Révision : 24 avril 2014





























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