mardi 8 janvier 2013

16 Données biographiques : Nicolas Chopin

Nicolas Chopin (1771-1844), de la Lorraine à la Pologne


Classement : questions biographiques ; Nicolas Chopin


Sommaire
*Sources
*Rappel historique
*Biographie de Nicolas Chopin
*Son acte de baptême (1771)

Sources
La source principale sur la vie de Nicolas Chopin, le père de Frédéric, est la thèse de Gabriel Ladaique : Les Ancêtres paternels de Frédéric Chopin*biblio.
Autres références :
*Marie-Paule Rambeau, Chopin, l’enchanteur autoritaire, L’Harmattan, 2005, source principale du résumé ci-dessous (chapitre 1)
*notice biographique NIFC (Narodowy Instytut Fryderyka Chopina), en anglais
*notices Wikipédia, notamment en français, en anglais, mais aussi en polonais, allemand, russe, danois et deux langues asiatiques à préciser

Entre crochets, les remarques intercalées par moi.

1793 : second partage de la Pologne
1794 : insurrection de Kosciuszko
1795 : troisième partage de la Pologne, qui disparaît en tant qu'Etat (Varsovie revient à la Prusse)
1807 : création par Napoléon du duché de Varsovie
1815 : création par le Congrès de Vienne du royaume de Pologne, dévolu à Alexandre 1er de Russie

Biographie
Nicolas Chopin naît en 1771 à Marainville-sur-Madon (Vosges), paroisse du duché de Lorraine devenu province française en 1766, après avoir eu de 1737 à 1766 pour duc Stanislas Leszczynski, ex-roi de Pologne (1704-1709 et 1733), beau-père de Louis XV (depuis 1725).

La Lorraine a de ce fait des relations notables avec la Pologne pendant une bonne partie du XVIIIème siècle, pendant le règne de Stanislas Leszczynski, et après.
En 1780, le château de Marainville est acheté par un noble polonais de Lituanie, Michel Pac (chambellan d’Auguste III de Pologne, adversaire de son successeur Stanislas II Auguste, membre éminent de la rébellion nobiliaire appelée Confédération de Bar). Son régisseur, Adam Weydlich, est aussi polonais.
A cette époque, le père de Nicolas Chopin, François (1738-1814) est syndic du village de Marainville et ses contacts avec la famille Weydlich semblent avoir permis à Nicolas de bénéficier d’une instruction de niveau assez élevé.
Michel Pac meurt en 1785 ; le château est revendu ; en 1787, Adam Weydlich rentre en Pologne et propose à Nicolas Chopin de l’accompagner [les biographes intercalent ici diverses tentatives d'explication de ce départ, mais faute de sources, il s'agit de suppositions sans grand intérêt : la seule chose intéressante serait de savoir si son cas est exceptionnel ou plus ou moins courant].

A Varsovie, il travaille d’abord deux ans comme comptable à la Manufacture des tabacs, puis devient précepteur du fils du directeur [Jean Dekert, maire de Varsovie en 1791], lui aussi nommé Jean, qui prononcera son oraison funèbre [Rambeau, chapitre 1, note 5] ; il réside alors pendant quelques années près de la ville de Kalisz.
En 1794, au moment de l’insurrection de Kosciuszko, il est de nouveau à Varsovie et participe comme garde national à la défense de Varsovie contre l’armée russe. A ce moment, cette région passe sous le contrôle de la Prusse.
Durant l'insurrection, il a fait la connaissance de Maciej Laczynski, « staroste de Kierniozia », qui l’engage comme précepteur. Après la mort de Maciej en 1795, il reste auprès de sa veuve et s’occupe de l’éducation notamment de Maria (future Marie Walewska). 
En 1802, il est engagé par Ludwika Skarbek, parente des Laczynski, et s’installe à Zelazowa Wola (près de Sochaczew), où il est à la fois précepteur et régisseur. En 1805, le fils aîné, Frédéric, entre au lycée de Varsovie dont le directeur, Samuel Linde, est un ami de la famille [Ludwika et lui sont originaires de Torun].
En 1806, Nicolas épouse un membre de la maisonnée, Justyna Krzyzanowska, et ils ont deux enfants : Louise (1807-1855) et Frédéric (1810).
Ses relations  avec Linde durant cette période lui permettent d’obtenir un poste d’enseignant dans les petites classes du lycée, qu’il occupe à partir d'octobre 1810. Deux autres enfants naissent alors : Isabelle (1811-1881) et Emilie (1812-1827). 
En juin 1814, il devient professeur de français dans les classes secondaires, et, en 1820, à l’Ecole militaire d’application. Il poursuit des activités d’enseignant jusqu’à sa retraite en 1837 (cf. page Le dossier professionnel de Nicolas Chopin).
Il meurt en 1844, n’ayant revu son fils qu’une fois en 1835.

L'acte de baptême de Nicolas Chopin
En ligne : Archives départementales des Vosges, Marainville sur Madon, 1771, vue 25 :

En marge
« Baptême de
François Chopin
16° avril
1771 »

Texte
« Nicolas fils Légitime de françois Chopin charon et de
Margueritte deflin son épouse de Marainville est
né le quainze et a été baptisé le seize avril mil
sept cent soixante et onze ; il a eu pour parrain jean
Nicolas Deflin garçon de diarville et pour marrainne
therese Chopin fille de Xiraucourt qui a fait sa
marque. Le parrain a signé

[signatures]              marque                   Nicolas deflin
                                   de + la
                                  marraine                P. Leclerc curé de 
                                                                barville »
                                                                           


Quelques remarques d’ordre historiographique 
La personnalité de Nicolas Chopin est évoquée assez longuement par Frédéric Skarbek dans ses Mémoires ; il écrit notamment : « Sous la direction de ce maître qui, jusqu’à sa mort, fut mon meilleur ami, j’ai reçu ma première formation scientifique. ». Skarbek indique clairement le lien de parenté de Nicolas avec Frédéric Chopin, et parle de lui comme d'un Français, différent des autres, ni un demi-prêtre, ni émigré de la Révolution.
Les Mémoires de Frédéric Skarbek ayant été publiées en 1878, un Polonais cultivé de la fin du XIXème siècle  pouvait facilement connaître les origines de Chopin, qui n'avaient rien de "mystérieux".
* son lieu de naissance précis (Marainville) était connu des autorités académiques polonaises (cf. son dossier retrouvé en 1926) ;
*mais dans la vie courante, il indiquait à ses proches qu’il était né à Nancy (première  pierre tombale) ou « dans les environs de Nancy » (oraison funèbre de Jan Dekert)
*il ne semble pas avoir indiqué à ses enfants qu’il avait encore de la famille en France, sa mère étant morte en 1794, son père en 1814, ses deux sœurs en 1845, celles-ci ne s’étant pas non plus manifesté auprès de Frédéric, dont elles auraient pu entendre parler (p. 21 ; la dernière assertion n'est pas fondée )
*son acte de décès indique « né en France de parents de prénoms inconnus » (p. 21)
*l’opinion publique générale n’était pas informée précisément de ses origines : « Les rumeurs les plus fantaisistes couraient donc à Varsovie sur ses origines. Selon Eugeniusz Skrodzki, fils d’un collègue de Nicolas, on racontait qu'« il venait de Picardie et qu’il était le fils d’un fermier des domaines du duc d’Enghien, venu de Pologne à l’époque de la Révolution » (p. 21 ; référence à un écrit de Skrodzki, publié sous le nom de Wielislaw : « Kilka wspomnień o Szopenie z mojej młodości », dans Bluszcz, n° 32, 1882)




Création : 8 janvier 2013
Mise à jour : 9 mars 2014
Révision : 11 avril 2017
Auteur : Jacques Richard
Blog : Sur Frédéric Chopin Questions historiques et biographiques
Page : 16 Données biographiques : Nicolas Chopin
Lien : http://surfredericchopin.blogspot.fr/2013/01/donnees-biographiques-nicolas-chopin.html



































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