samedi 21 décembre 2013

142 Franz Liszt 4 Chopin : citations

Quelques citations du livre de Franz Liszt Frédéric Chopin (1852)
  

Classement : Ecrits sur Chopin (Liszt)





Ceci est la suite des pages consacrées au livre de Franz Liszt Frédéric Chopin, publié en 1852 :


On trouvera ci-dessous un certain nombre de citations, référencées par le chapitre et la pagination de l’édition Buchet-Chastel de 1977, annotées et éventuellement commentées.

Les titres des chapitres du livre de Liszt
1) Caractère général des œuvres de Chopin (p. 75)
2) Polonaises (p. 93)
3) Mazoures (p. 121)
4) Virtuosité de Chopin (p. 145)
5) Individualité de Chopin (p. 169)
6) Jeunesse de Chopin (p. 203)
7) Lélia (p. 231)
8) Derniers temps, derniers instants (p. 273)
[Conclusion (p. 277)]



Citations

Rubriques
Points de vue de Liszt
Eléments de la biographie de Chopin
Chopin et la France
Chopin et la Pologne
Musique, art
Religion, politique 


Points de vue de Liszt
* Chapitre 2, page 105 : l’ancienne Pologne
« Lorsque nous nous sommes trouvés dans la patrie de Chopin, dont le souvenir nous accompagnait comme un guide qui excite l’intérêt, il nous a été donné de rencontrer quelques-unes de ces individualités qui deviennent partout plus rares de jour en jour, tant la civilisation européenne, si elle ne modifie pas le fond des caractères nationaux, du moins efface et lime leurs aspérités et leurs formes extérieures […] »

* Chapitre 2, page 107 :
« Le sentiment inspirateur de Chopin ne se révèle tout entier que lorsqu’on a été dans son pays, qu’on y a vu l’ombre laissée par les siècles écoulés, qu’on en a suivi les contours grandissants comme ceux du soir […] »


Eléments de la biographie de Chopin
Chapitre 5, page 182 : portrait
« La finesse et la transparence de son teint séduisaient l’œil, ses cheveux blonds étaient soyeux, son nez légèrement recourbé, ses allures distinguées et ses manières marquées de tant d’aristocratie, qu’involontairement on le traitait en prince. »

Chapitre 5, page 196 : liens familiaux
« En se retirant, ainsi que nous l’avons dit, du tournant de la société, Chopin reportait ses sollicitudes et ses affections dans le rayon de sa famille et des connaissances de sa jeunesse. Il conserva avec eux, sans interruption, des rapports fréquents, qu’il entretenait avec un grand soin. Sa sœur Louise lui était surtout chère, et une certaine ressemblance dans la nature de leur esprit et la pente de leurs sentiments les a rapprochés plus particulièrement encore. Elle fit plusieurs fois le voyage de Varsovie à Paris pour le voir, et en dernier lieu elle vint y passer les trois derniers mois de la vie de son frère, pour l’entourer de ses soins dévoués. »

Chapitre 6, page 203 : l'année de naissance de Chopin
« Chopin est né à Zelazowa-Wola, près de Varsovie, en 1810. Par un hasard rare chez les enfants, il paraît que dans ses premières années il ne gardait pas le souvenir de son âge, et que la date de sa naissance ne fut fixée dans sa mémoire que par une montre que lui donna Mme Catalani, en 1820, avec cette inscription : Madame Catalani, à Frédéric Chopin, âgé de dix ans. Le pressentiment de l’artiste donna peut-être à l’enfant la prescience de son avenir ! »

Chapitre 6, page 205 : études secondaires
« Il fut placé assez jeune dans un des premiers collèges de Varsovie, grâce à la généreuse et intelligente protection que le prince Antoine Radziwill* accorda toujours aux arts et aux jeunes talents […] En subvenant aux moyens très restreints de la famille de Chopin, le prince fit à celui-ci l’inappréciable don d’une belle éducation, dont aucune partie ne resta négligée. Depuis son entrée au collège, jusqu’à l’achèvement complet de ses études, ce fut toujours le prince, […], qui paya sa pension par l’entremise d’un ami, M. Antoine Korzuchowski*, lequel depuis cette époque garda avec Chopin jusqu’à ses derniers jours, les relations d’une constante amitié. »

Notes
*Antoine Radziwill : (Antoni Henryk Radziwiłł, 1775-1833), membre d’une famille de magnats polonais, époux d’une nièce de Frédéric II (Louise de Prusse, 1770-1836), gouverneur du Grand-duché de Posen de 1815 à 1831, représentant en Pologne l’opinion prussophile ; par ailleurs compositeur amateur honorable ; Chopin, plusieurs fois invité, séjourne à deux reprises à Antonin (1827 et 1829)
*Antoine Korzuchowski : Niecks indique qu’il s’agirait plutôt d’Adam Kozuchowski (personnalité qui, du reste, n’apparaît pas tellement dans les relations de Chopin. Voir l’article d’Irène Poniatowska, « The Polish Reception of Chopin’s Biography by Liszt », dans Halina Goldberg (éd.), The Age of Chopin, Indiana University Press, 2004, p. 268.

Commentaire
Liszt accorde à Antoine Radziwill un rôle dans l’éducation de Chopin qui n’est pas fondé ; selon Prod’homme (dans la préface de l’édition Buchet-Chastel), il s’agit d’une « interpolation » due à l'amie de Liszt, Mme de Sayn-Wittgenstein. Curieusement, Liszt semble ignorer que Nicolas Chopin était professeur au lycée de Varsovie (« un des premiers collèges de la ville » ?).

Chapitre 6, pages 210-211 : premier amour
« C’est vers ces premiers temps de sa jeunesse que remonte l’attachement qu’il ressentit pour une jeune fille qui ne cessa jamais de lui porter un sentiment imprégné d’un pieux hommage. La tempête qui, dans un des plis de ses rafales, emporta Chopin loin de son pays, comme un oiseau rêveur et distrait surpris sur la branche d’un arbre étranger, rompit ce premier amour et déshérita l’exilé d’une épouse dévouée et fidèle, en même temps que d’une patrie. Il ne rencontra plus le bonheur qu’il avait rêvé avec elle, en rencontrant la gloire à laquelle il n’avait pas encore songé.
[…] Inopinément séparée de Chopin, cette jeune fille fut fidèle à sa mémoire, à tout ce qui restait de lui. Elle entoura de sa filiale amitié ses parents, et le père de Chopin ne voulut pas que le portrait qu’elle en avait dessiné dans des jours d’espoir, soit jamais remplacé, chez lui, par aucun autre, fût-il dû à un pinceau plus expérimenté. Bien des années après, nous avons vu les joues pâles de cette femme attristée, se colorer lentement comme rougirait l’albâtre devant une lueur dévoilée, lorsqu’en contemplant ce portrait, son regard rencontrait le regard paternel. »

Commentaire
Ce passage n’est pas très clair ; Liszt semble évoquer plusieurs « amours » de Chopin.

Chapitre 6, page 225 : le départ pour Vienne puis pour Paris ; le passeport de 1831
« Lorsqu’il eut terminé ses années de collège et ses études d’harmonie avec le professeur Joseph Elsner*, […], ses parents voulurent le faire voyager pour lui faire connaître les belles exécutions des grandes œuvres. A cet effet, il fit de courts séjours dans plusieurs villes de l’Allemagne*. En 1830, il avait quitté Varsovie pour une des ces excursions momentanées, lorsque éclata la révolution du 29 novembre. Obligé de rester à Vienne, il s’y fit entendre dans quelques concerts ; mais […] le jeune artiste n’y produisit pas toute la sensation à laquelle il avait droit de s’attendre. Il quitta Vienne dans le dessein de se rendre à Londres ; mais c’est d’abord à Paris qu’il vint, avec le projet de ne s’y arrêter que peu de temps. Sur son passeport, visé pour l’Angleterre, il avait fait ajouter : Passant par Paris. Ce mot renfermait son avenir. Longues années après, lorsqu’il semblait plus qu’acclimaté, naturalisé en France, il disait encore en riant : « Je ne suis ici qu’en passant. ». »

Notes
*Joseph Elsner (Józef Elsner, 1769-1854), compositeur polonais d’origine allemande (Silésie), directeur du conservatoire de Varsovie à l’époque où Chopin y est étudiant (1826-1829)
*Allemagne : Chopin est allé à Berlin (Prusse) en 1828 et est passé par Breslau (Prusse) et Dresde (Saxe), au cours de ses voyages vers Vienne (1829 et 1830)

Commentaire
L’évocation du passeport utilisé au départ de Vienne (1831) a été réutilisée par la suite, notamment par Antoni Wodzinski dans Les Trois Romans de Frédéric Chopin (1886).


Chopin et la France
Chapitre 5, page 197 : Chopin et la langue française ; l’origine française de Chopin
« Il possédait très bien le français, comme les Slaves en général, et vu son origine française, il lui avait été enseigné avec un soin particulier. Mais il s’en accommodait mal, lui reprochant d’être peu sonore à l’oreille et d’un génie froid. Cette manière de le juger est d’ailleurs assez répandue parmi les Polonais, qui s’en servent avec une grande facilité, le parlent beaucoup entre eux, souvent mieux que leur propre langue, et se plaignent cependant à ceux qui ne la connaissent pas, de ne pouvoir rendre dans un autre idiome que le leur, les nuances éthérées et les chatoiements de la pensée. »

Commentaire
Liszt parle évidememnt des aristocrates polonais ; par ailleurs, cette notation sur l’« origine française » est exceptionnelle dans le livre de Liszt (mais pour lui, cela relevait peut-être de l’évidence).


Chopin et la Pologne
Chapitre 1, page 85 : la Marche funèbre, musique nationale
« Pourrions-nous ne pas parler de la Marche funèbre intercalée dans sa première sonate, qui a été orchestrée et exécutée pour la première fois à la cérémonie de ses obsèques ? […] Nous entendions dire un jour à un jeune homme de son pays : « Ces pages n’auraient pu être écrites que par un Polonais ! » En effet, tout ce que ce cortège d’une nation en deuil, pleurant sa propre mort, aurait de solennel et de déchirant, se retrouve dans le glas funéraire qui semble ici l’escorter [l’évocation se prolonge jusqu’à la page 87] »

Commentaire
Cf. Marie-Paule Rambeau, Chopin :
*page 290 : « Un soir, chez les Plater, il soutint devant Liszt et Hiller qu’il fallait être Polonais pour bien interprégter les Mazurkas. On le mit au défi. Ils jouèrent tous les trois à tour de rôle la fameurse Mazurka « La Pologne n’est pas encore morte » […]. Chopin clôtura ce tounoir improvisé dont il sortit vainqueur, les deux autres reconnaisant que lui seul avait su restituer l’essence du Mazur. » [référence : Niecks, volume 1, p. 256]
*page 341 : « Même remarque faite à Marie Roubaud de Cournand : Il répétait souvent que les Français ne comprennent pas ses Mazurkas, et qu’il fallait être polonais pour en sentir la finesse du rythme national et pour rendre la couleur populaire. » [Ganche, Dans le souvenir de Frédéric Chopin, p. 86]

Chapitre 2, page 107 : patrie
« A travers les souvenirs qui ont entouré son enfance, mieux encore, sans doute, qu’à travers l’histoire et la poésie de sa patrie, il a trouvé, par induction, le secret de ses anciens prestiges, pour les faire sortir de leur oubli et les douer dans ses chants d’une éternelle jeunesse. […] Le sentiment inspirateur de Chopin ne se révèle tout entier que lorsqu’on a été dans son pays, qu’on y vu l’ombre laissée par les siècles écoulés, qu’on en a suivi les contours grandissants comme ceux du soir […] »

Chapitre 5, page 186 : patriotisme et politique
« Son patriotisme se révéla dans la direction que prit son talent, dans le choix de ses amitiés, dans ses préférences pour ses élèves, dans les services fréquents et considérables qu’il aimait à rendre à ses compatriotes ; mais nous ne nous souvenons pas qu’il prît plaisir à exprimer ses sentiments là-dessus. S’il s’entretenait quelquefois sur les idées politiques si constamment discutées en France, si vivement attaquées, si chaudement défendues, c’était plutôt pour signaler ce qu’il y trouvait de faux et d’erroné, que pour en faire valoir d’autres. »

Chapitre 6, page 216 : artiste national polonais
« Et comme il s’est vu maintes fois qu’un poète ou un artiste arrive qui résume en lui le sens poétique d’un peuple ou d’une époque, et représente dans ses création, d’une manière absolue, les types qu’ils poursuivent et voudraient réaliser, Chopin fut ce poète pour son pays et pour l’époque où il y naquit. Il résuma dans son imagination, il représenta par son talent le sentiment poétique, alors le plus répandu et le plus inhérent à sa nation. La Pologne eut bien des chantres ; elle en a qui prennent rang et place parmi les premiers poètes du monde. […] Mais Chopin, différant d’eux en ce qu’il n’en formait pas un dessein prémédité, les surpassa peut-être en originalité. Il n’a pas voulu, n’a pas cherché ce résultat ; il ne se créa pas l’idéal a priori. Il se souvient de ses gloires patriotiques sans parti pris de se transporter dans le passé ; il comprit et chanta les amours et les larmes contemporaines sans les analyser par avance. Il ne s’étudia ni ne s’ingénia à être un musicien national. Il est possible qu’il se fût étonné de s’entendre ainsi appeler. […] Sans y prétendre, il rassembla en faisceaux lumineux, des impressions confusément ressenties par tous dans sa patrie, fragmentairement disséminées dans les cœurs, et vaguement entrevues par quelques-uns. N’est-ce pas à ce don de reproduire dans une formule poétique qui séduit les imaginations de tous les pays, les contours indéfinis des sentiments épars, mais souvent rencontrés parmi leurs compatriotes, que se reconnaissent les artistes nationaux ? »

Chapitre 6, page 227 : Chopin et les Polonais de Paris et de Pologne
« Tous ses compatriotes qui se trouvaient alors à Paris lui firent l’accueil le plus affectueusement empressé ; il fréquenta avec intimité la maison du prince Czartoryski, de la comtesse Plater, de Mme de Komar, de ses filles Mme la princesse de Beauvau et Mme la comtesse Delphine Potocka. […]
Il voyait beaucoup de jeunes gens polonais : Fontana, Orda qui […] fut tué en Algérie à vingt ans ; les comtes Plater, Grzymala, Ostrowski, Szembeck, le prince Casimir Lubomirski, etc. Les familles polonaises qui dans la suite arrivèrent à Paris, s’empressant à faire sa connaissance, il continua toujours à fréquenter de préférence un cercle composé en grande partie de ses compatriotes. Par leur intermédiaire il resta non seulement au courant de tout ce qui se passait dans sa patrie, mais dans une sorte de correspondance musicale avec elle. Il aimait à ce qu’on lui montrât les airs, les chansons nouvelles qu’en rapportaient ceux qui venaient visiter Paris ; et lorsque les paroles de ces airs lui plaisaient, il y ajoutait souvent une mélodie qui se popularisait rapidement dans son pays, sans que le nom de leur auteur fût toujours connu. […] Nous avons entendu en Pologne quelques unes des mélodies qui lui sont attribuées et qui seraient vraiment dignes de lui ; mais qui oserait maintenant faire un triage incertain entre les inspirations du poète et de son peuple ? »

Chapitre 8, page 274 : patrie polonaise
Chopin « a expiré en s’éteignant lentement dans ses propres flammes : sa vie, en dehors des événements publics, fut comme une chose incorporelle, dont nous ne trouvons la révélation que dans les traces qu’ont laissées ses chants ; il a terminé ses jours sur une terre étrangère dont il ne se fit jamais une patrie adoptive, fidèle à l’éternel veuvage de la sienne : poète à l’âme endolorie, pleine de replis, de réticences et d’ennuis chagrins. »


Musique, art
Chapitre 5, page 188 : l’engagement pour le romantisme
« Dans un seul cas, Chopin se départit de son silence prémédité et de sa neutralité accoutumée. Il rompit sa réserve dans la cause de l’art, la seule sur laquelle il n’abdiqua dans aucune circonstance l’énoncé explicite de son jugement, et sur laquelle il s’appliqua avec persistance à étendre l’action de son influence et de ses vouloirs. […] Pendant quelques années il mit une ardeur passionnée dans ses plaidoyers ; plus tard, le triomphe de ses idées ayant diminué l’intérêt de son rôle, il ne chercha pas d’autre occasion pour se placer derechef à la tête d’une bannière quelconque. En cette occurrence unique, où il prit rang dans un conflit de parti, il fit preuve de convictions absolues, tenaces et inflexibles, comme toutes celles qui, en étant vives, se font rarement jour.
En 1832, peu après son arrivée à Paris, en musique comme en littérature, une nouvelle école se formait, et de jeunes talents se produisaient, qui secouaient avec éclat le joug des aniciennes formules. […] Le romantisme fut à l’ordre du jour, et l’on combattit avec acharnement pour ou contre. […] Pendant les quelques années que dura cette sorte de campagne du romantisme, d’où sortirent des coups d’essi qui furent des coups de maître, Chopin resta invariable dans ses prédilections comme dans ses répulsions. »

Chapitre 6, page 205 : début des études musicales ; Bach
« La musique lui fut enseignée de bonne heure. A neuf ans il commença à l’apprendre, et fut bientôt confié à un disciple passionné de Sébastien Bach, Ziwna*, qui dirigea ses études, durant de longues années, selon les errements* de l’enseignement le plus classique. »

Notes
* Ziwna : Adalbert Ziwny (Wojciech Żywny/Vojtěch Živný, 1756-1842) : musicien polonais d’origine tchèque, premier professeur de Chopin, effectivement amateur de Bach
*errements : le mot n’a peut-être pas ici de sens péjoratif et signifie simplement « procédures » (?)

Chapitre 6, page 222 : Beethoven, Schubert
« Quelque admiration qu’il eût pour les œuvres de Beethoven, certaines parties lui en paraissaient trop rudement taillées, leur structure était trop athlétique pour qu’il s’y complût […]
Malgré le charme qu’il reconnaissait à quelques-unes des mélodies de Schubert, il n’écoutait pas volontiers celles dont les contours étaient trop aigus pour son oreille, où le sentiment est comme dénudé, où l’on sent pour ainsi dire, palpiter la chair et craquer les os sous l’étreinte de la douleur. »


Religion, politique
Chapitre 5, page 186 : patriotisme et politique
« S’il s’entretenait quelquefois sur les idées politiques si constamment discutées en France, si vivement attaquées, si chaudement défendues, c’était plutôt pour signaler ce qu’il y trouvait de faux et d’erroné, que pour en faire valoir d’autres. Amené à des rapports continus avec quelques-uns des hommes politiques qui ont le plus marqué de nos jours, il sut borner entre eux et lui les relations à une bienveillance individuelle, tout à fait indépendantes de la conformité des opinions.
La démocratie représentait à ses yeux une agglomération d’éléments trop hétérogènes, trop tourmentés, d’une trop sauvage puissance, pour lui être sympathique. Il y a plus de vingt ans que l’avènement des questions sociales fut comparé à une nouvelle invasion de barbares. Chopin était particulièrement et péniblement frappé de ce que cette assimilation avait de terrible ; il désespérait d’obtenir des Attilas modernes le salut de Rome ; de préserver de leurs destructions et dévastations l’art, ses monuments, ses accoutumances, la civilisation en un mot, la vie élégante, paresseuse et raffinée que chanta Horace. »

Chapitre 5, page 188 : catholicisme
« Sincèrement religieux, et attaché au catholicisme, Chopin n’abordait jamais ce sujet, gardant ses croyances sans les témoigner par aucun apparat. »



Création : 21 décembre 2013
Mise à jour : 5 novembre 2014
Révision : 5 novembre 2014




























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