lundi 6 avril 2015

189 Thaddée Piotrowski 2 : citations

Quelques citations extraites de l’article de Thaddée Piotrowski à propos des réfugiés polonais de l'insurrection de 1830-1831


Classement : histoire ; réfugiés polonais en France ; monarchie de Juillet






Référence
*Thaddée Piotrowski, « Documents pour l’étude de l’immigration polonaise de 1831 », dans INED, « Documents sur l’immigration », Travaux et Documents, Cahiers n° 2, PUF, 1947, pages 43-75


Citations
Page 46
« En France, Louis-Philippe, qui vient d’être proclamé roi, tient avant tout à être reconnu par les autres gouvernements européens et particulièrement par la Russie. Aussi la position prise par le gouvernement français à l’égard des émigrés polonais restera indécise, équivoque et parfois hostile. »

« Au lendemain de la révolution de 1830*, on note des manifestations en faveur de la Pologne dans de nombreuses villes françaises, en particulier à Paris et à Lyon. »
*révolution de 1830 : celle qui a lieu à Varsovie en novembre

« Jusqu'au mois de juillet 1831, la Prusse et l’Autriche se bornèrent à une surveillance étroite et policière, impitoyable pour tout passage de Polonais, de leurs convois ou même des agents des puissances neutres auprès du gouvernement polonais. »


Page 47
« Les généraux qui, dans cette première heure, ont suivi l’émigration mais qui ne sont nulle part arrivés à la tête de leurs colonnes, sont sept à nommer : Uminski, Sierawski, Pac, Soltyk, Dwernicki, Chrzanowski, Sznajde – parmi eux, trois généraux napoléoniens. »
*Uminski : Jean Népomucène Uminski (Jan Nepomucen Umiński, 1778-1851), né en Posnanie ; participant à l’insurrection de Kosciuszko ; officier de l’armée du duché de Varsovie ; participant à l’insurrection de 1830-1831 ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; un des fondateurs de la Société littéraire en 1832 ; installé par la suite à Wiesbaden, lieu de son décès [notice de Joseph Straszewicz] [notice Wikipédia]
*Sierawski : Julien Sierawski (Jan Julian Sierawski h. Słoń, 1777-1849), officier ; né à Cracovie ; officier durant l’insurrection de Kosciuszko ; dans les Légions polonaises de 1797 à 1807 ; dans l’armée du duché de Varsovie ; général de brigade en 1812 ; dans l’armée du royaume de Pologne jusqu’en 1818 ; général de l’armée durant l’insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; mort à Paris ; cimetière Montmartre [notice Wikipédia révisée par moi le 30 août 2016]
*Pac :Louis-Michel Pac (Ludwik Michał Pac, 1778-1835), officier ; né à Strasbourg dans une famille d'exilés d'après la défaite de la Confédération de Bar ; officier dans l'armée du duché de Varsovie et dans la Grande Armée ; campagne d'Espagne (1808), d'Autriche (1809), de Russie, d'Allemagne et de France ; revient dans le royaume de Pologne ; agronome ; sénateur (1825) ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; mort à Smyrne au cours d'un voyage méditerranéen (Italie, Grèce, Grèce d'Asie) [notice Wikipédia, révisée par moi 6-9 juillet 2016] ; apparenté à Michał Jan Pac seigneur de Marainville de 1780 à 1785
*Soltyk : Roman Soltyk (Roman Sołtyk, 1790-1843), officier ; né à Varsovie ; officier de l’armée du duché de Varsovie ; puis du royaume de Pologne ; démissionne en 1816 ; député à la Diète en 1829 ; vice-président de l’Association patriotique ; initiateur de la déchéance de Nicolas 1er en janvier 1831 ; officier de l’armée insurgée, général en septembre 1831 (??) ; réfugié en France ; membre de la Société littéraire des Polonais réfugiés (1831) ; condamné à mort (1834) ; auteur de plusieurs ouvrages historiques ; mort à Saint-Germain-en-Laye [notice de la Wikipédia polonaise]
*Dwernicki Joseph Dwernicki (Józef Dwernicki h. Sas, 1779-1857), officier ; né à Varsovie d'une famille de Podolie ; formation militaire ; participe à la guerre de 1809 ; devient capitaine ; participe aux campagnes de 1812-1814 ; colonel en 1814 ; dans l'armée du royaume de Pologne ; général de brigade en 1829 ; participe à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; fondateur du Comité national de l’émigration polonaise ; s'installe à Londres en 1834 ; revient en Galicie en 1848 ; mort à Lopatyn, près de Lwow (chez Adam Zamoyski) [notice de la Wikipédia anglaise]
*Chrzanowski : Albert Chrzanowski (Wojciech Chrzanowski, 1793-1861), officier ; né dans la région de Cracovie ; officier dans l'armée du duché de Varsovie ; dans l'armée du royaume de Pologne ; cartographe ; promu général pendant l'insurrection ; réfugié en France ; travaille ensuite en Turquie en liaison avec le gouvernement britannique ; au service du Piémont en 1848-1849 ; vit ensuite aux Etats-Unis ; revient en France ; mort à Paris [notice Wikipédia révisée par moi le 30 août 2016]
*Sznajde : François Sznajde ou Sznajder (Franciszek Sznajde(r), 1790-1850), officier ; né à Varsovie ; officier dans l'armée du duché de Varsovie ; dans l'armée du royaume de Pologne ; promu général pendant l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié en France ; membre de la Société littéraire et de divers organismes ; intervient à Cracovie en 1846 ; en Allemagne en 1849 ; mort à Paris ; cimetière Montmartre [notices des Wikipédias polonaise et allemande]

« Il y a deux tendances à signaler parmi ces soldats réfugiés* : la première, c’est le retour ; la seconde […] c’est l’idée de former une légion polonaise en exil*. Le jeune général Bem* en est et en sera l’enthousiaste et le principal promoteur. »
*soldats réfugiés : en Autriche ou en Prusse
*légion polonaise en exil : comme cela avait été fait à partir de 1797 en lien avec l'armée française, notamment avec l'armée d'Italie
*Bem : Joseph Bem (Józef Bem, 1794-1850). Voir la page Notices biographiques.

« Le prince Adam Czartoryski*, qui passa la frontière à Pinczow*, le 26 août 1831, avec le corps de Rozycki*, prend attentivement en considération ces tendances et s’efforce de trouver la meilleure solution. »
*Adam Czartoryski (1770-1861). Voir la page Notices biographiques.
*Pinczow (Pińczów) : ville du royaume de Pologne à la frontière de la République de Cracovie ; le lendemain, Czartoryski passe dans l'Empire d'Autriche. 
*Rozycki : Samuel Rozycki (Samuel Różycki, 1781-1834), officier ; officier dans l'armée du duché de Varsovie ; dans l'armée du royaume de Pologne ; démissionne en 1816 ; participant à l'insurrection de 1830-1831 ; réfugié à Paris ; à Berne à partir de 1833 ; mort à Berne [notice de la Wikipédia polonaise]

Page 48
« L’amnistie russe se composait des étapes suivantes : décrets du 2 octobre, du 9 octobre et du 13 octobre 1831 ; proclamation du général Paskiewicz* à Varsovie du 23 novembre. Aux termes de cette dernière, étaient exclus de l’amnistie : l’Ecole des porte-enseignes (les aspirants polonais), les membres du gouvernement, de la Diète et tous les officiers. »
*Paskiewicz (Ivan Paskievitch, 1782-1856) : à la tête de l'armée russe, il reprend Varsovie en 1831, puis est nommé vice-roi du royaume de Pologne

« L’ordonnance du général Paskiewicz […] commandait l’enrôlement de 20 000 hommes au minimum. L’enrôlement a atteint, suivant Giller* et les écrivains de l’émigration, jusqu'à 25 000 hommes. Ensuite, il y eut des déportés dont le chiffre atteignit 20 0000 personnes (brochure Nouvelles de Pologne, Paris, août 1832). »
*Giller : Agaton Giller (1831-1887), écrivain ; participant à l'insurrection de 1863 ; réfugié en France ; journaliste et historien ; auteur de plusieurs ouvrages [notice BnF]

« A partir du 20 octobre 1831, commencent à arriver à Paris les premiers exilés de Pologne. »

« Au commencement d’octobre 1831 jusqu'à 28 000 hommes – dont 3 000 officiers – se trouvaient en Prusse, et jusqu'à 25 000 hommes – dont 2 000 officiers – en Autriche. » [Page 49 : « Le nombre de 53 000 est fondé sur les statistiques officielles de l’armée polonaise et les désertions qui se produisirent dans la seconde moitié de septembre 1831 n’y sont point comptées ou ne le sont qu’en partie ; donc ce n’est là qu’un maximum approximatif. »]

« Finalement, au lieu de 25 000 hommes décidés à aller en France, il n’y en eut qu’environ 10 000 qui purent exécuter ce projet et, dans ce nombre, il n’y avait pas plus de 2 000 à 2500 simples soldats. » [Page 49 : « Sokolnicki* déduit d’un décompte général fait dans les dépôts ou colonies polonaises, vers le milieu de 1832, le nombre de 10 000 hommes entrés en France. »]
*Sokolnicki : Michel Sokolnicki (Michał Sokolnicki, 1880-1967) : auteur du livre Les Origines de l'émigration polonaise, Paris, Alcan, 1910

Page 49
« L’émigration en masse ne devint possible qu’en décembre 1831. Jusque là, ce n’est qu’une agitation d’un caractère plutôt théorique qui se propage dans les rangs des militaires polonais. A Paris, en France, on ne semble point se rendre compte ni de la possibilité, ni des moyens d’une action en règle ou de mesures plus larges. »

« A la fin de septembre 1831, la statistique officielle comptait : 5 353 réfugiés ; [dont] Espagne : 2 867. »

« Le 30 septembre, un crédit de 50 000 francs fut demandé par le gouvernement et voté par la Chambre. »

« Casimir Périer* fit envoyer au commencement du mois de novembre la somme de 300 000 francs aux ambassadeurs français près des Cours allemandes, afin de secourir les besoins urgents des exilés de Pologne. Les ambassadeurs de Vienne, de Berlin* et de Dresde* reçurent des instructions leur ordonnant de simplifier les formalités de passeports et de faciliter par tous les moyens de voyage des Polonais. »
*Casimir PérierCasimir Perier (1777-1832), banquier et homme politique ; président du Conseil du 13 mars 1831 à sa mort le 16 mai 1832 
*Berlin : capitale de la Prusse
*Dresde : capitale de la Saxe

Page 50
« Ce n’est que le 25 novembre que le Comité national polonais de Paris se décida à une proclamation où il disait aux soldats : « Ne revenez pas en Pologne ». Les trois délégués envoyés sur les lieux-frontières ne servirent qu’à nouer des relations avec les comités de province et avec ceux d’Allemagne. Le comité polonais de Dresde s’occupa des Polonais de passage. Aucun corps constitué, aucun comité central ne se formèrent en vue de l’immense besogne. »
*Comité national polonais de Paris : fondé à la fin de 1831 autour de Joachim Lelewel*
*Lelewel : Joachim Lelewel (1786-1861), historien et homme politique polonais ; membre de la Société Lithuanienne et des Terres Russiennes ; un des fondateurs en 1831 du Comité national polonais ; assigné à résidence à Tours en décembre 1832 ; expulsé en juillet 1833 ; part en Belgique ; mort à Paris

« Depuis le moment où la révolution de Pologne avait été anéantie, la mission de Paris* n’entretenait pas de relations officielles avec le gouvernement français. Ce gouvernement, au nom de ses dettes morales* à l’égard de la nation polonaise, fit passer à ses ambassadeurs la somme de 300 000 francs dont nous venons de parler, mais la mission polonaise de Paris n’eut aucune part à la direction donnée à ces fonds.
La somme fut en grande partie distribuée avec l’aide des autorités prussiennes et autrichiennes ; elle fut principalement consacrée à secourir ceux qui rentraient en Pologne après l’amnistie accordée. Aussi fut-elle complètement perdue pour les efforts légionnaires et pour secourir les réfugiés se rendant en France.
Dans la caisse du comité central polonais*, il ne restait que 75 000 francs ; sur un accord […] avec le comité Lelewel*, une somme de 30 000 francs fut envoyée dans les derniers jours de décembre aux Polonais en Prusse. Le comité américain, les comités provinciaux de France y ajoutèrent au cours du mois de janvier 1832 des sommes considérables. De même firent […] les comités polonais formés en Allemagne, ainsi que des personnes privées ; de là une somme qui ne dépassait pas une centaine de mille francs. »
*mission de Paris : la représentation du gouvernement provisoire insurgé polonais (Plater et Kwiazniewski)
*dettes morales : dans la mesure où l'insurrection polonaise a bloqué toute perspective d'intervention militaire russe en Europe de l'Ouest, contre la Belgique, notamment
*comité central polonais : Comité central français en faveur des Polonais (Comité La Fayette) créé en janvier 1831
*comité Lelewel : voir supra Comité national polonais.


Pages 50-51
« Le gouvernement français dut prendre, en face de l’Autriche et de la Prusse, des engagements /// formels promettant de ne jamais instituer de légion polonaise. »


Page 51
« Dans les premiers jours de novembre, le ministère, en laissant aux émigrés civils le choix libre de leur demeure – Paris excepté – assigne aux militaires un point de rassemblement à Avignon (1). Le 27 novembre, c’est l’ordre aux Polonais qui ne veulent pas se rendre à Avignon de s’établir à Châteauroux ou à Bourges. Le 30 novembre, des instructions définitives prescrivent aux militaires : Avignon, aux civils : Châteauroux, Bordeaux ou toute autre ville de province ; une solde militaire est allouée aux résidents des points de rassemblement  et suivant les grades ; des secours aux émigrés civils complètent ces mesures de protection qui ne sont que temporaires et provisoires ; la question des allocations régulières et leur échelonnement sera résolue plus tard. »
Note (1) :
« *Courrier français du 27/12/1831 (Avignon) ;
*Le National du 7/12/1831 (contre l’interdiction d’accès à Paris)
*Compte rendu du Comité national polonais du 9/02/1832 (page 9) : « Le gouvernement faisant emploi des sommes nationales… exige des militaires qu’ils aillent à Avignon où les habitants se montrent malveillants pour notre cause ; les civils sont invités à aller à Châteauroux où on leur ôte tout moyen d’occupation profitable. Après beaucoup d’efforts, on a pu à peine obtenir l’assurance, donnée par le ministère au préfet de la Moselle, qu’on laissera certains Polonais, sur une présentation spéciale, demeurer non loin de Paris ; ici, à Paris, on va délivrer des passeports pour la province, même à ceux qui ne se servent pas de l’aide offerte par le gouvernement. » 


Page 52
« Le 7 novembre [1831] fut faite la première fixation des secours mensuels pour les militaires par le Comité national polonais. »

« Le 15 décembre [1831], la Chambre rejeta […] la proposition de Lafayette concernant la naturalisation de tous les Polonais réfugiés. »

« le 9 août 1831, [Casimir Perier] dit à la Chambre : « Les Polonais n’ont rien à attendre de la France. »


Page 53
« Un Comité national polonais officiel se constitua […], siégeant à Paris, dès le mois de décembre 1831 jusqu'à la fin de l’année 1832. »

« L’opinion polonaise étant alarmée par le projet du gouvernement de former la légion africaine, le Comité national adressa à ce sujet une pétition à la Chambre le 29 janvier. Lafayette, à la suite de cette pétition, obtint un démenti formel du président du Conseil. Le général Bem, à  son tour, eut une parole imprudente au sujet de la légion polonaise : « Pour former des légions, il faut avoir des soldats. Or, jusqu’ici, il n’y a en France que des officiers et des sous-officiers, et les soldats sont encore aux mains de la Prusse. (Augsburger Zeitung).
La pétition du comité et les paroles du général Bem servirent de prétexte au gouvernement de la Prusse pour faire la chasse aux soldats polonais tout en répandant le bruit que le gouvernement français se mettait à persécuter les réfugiés polonais.
Ainsi, au lieu des 15 000 hommes qui stationnèrent en Prusse pendant le mois de janvier, au lieu des 12 000 hommes qu’attendait le général Bem, il ne vint en France que 3 000 à 4 000 Polonais. […] Le reste – 6 000 à 8 000 hommes, officiers ou soldats – suivit en colonnes ou par petits pelotons, de 10 jusqu'à 100 hommes, la longue route de la Prusse orientale jusqu'à Metz et Strasbourg. […] en 1833, 1834, vinrent des solitaires, des perdus. »
Remarque : ce passage n'est pas très clair

« Lorsque, au cours de l’année 1832, la presque totalité de l’émigration polonaise fut en France, on la divisa en plusieurs groupes dont les plus importants furent ceux de Paris, Avignon, Bourges, Besançon, Châteauroux. Sauf les groupes de Paris et de Châteauroux, les autres furent soumis à la discipline et à l’organisation militaires. »


Page 54
« Le nombre des Polonais à Paris monta, dans les premiers mois de 1832, à 300, puis, dans le courant de l’année, à 800. » 

« Vers le milieu de février, les émigrés commencèrent à arriver en France en colonnes, au nombre de plus de 100 hommes chacune, conduites par des chefs que chacune désignait elle-même. »

« En janvier 1832, un deuxième dépôt militaire fut établi à Besançon. En avril, les deux dépôts d’Avignon et de Besançon furent remplis. On en forma de nouveaux à Bourges, au Puy, à Poitiers, à Salins, à Lons-le-Saulnier.
D’autres groupements de Polonais, moins importants, se réunirent à Lyon, à Montpellier, à Rochefort, à Bordeaux, à Toulouse, à Auxerre, à Paris, à Troyes (1 : note assez documentée sur le groupe de Troyes, environ 50 personnes).


Page 55
« Au commencement d’avril, l’émigration pouvait compter en France de 6 000 à 7000 hommes. Avignon venait en tête avec 1 500 ; ensuite Besançon et Châteauroux qui comptaient chacun 1 000 hommes. »

« Avril 1832
Avignon : jusqu'à 1 500 noms dont plus de 300 soldats*
Besançon : 920 noms
Châteauroux : 2/3 du chiffre maximum de 1833 (jusqu'à 1 000)
Paris : 500 à 600
Bourges : 1 000 environ
Dans les autres villes de France : 1 000 à 2 000 »
*soldats : pour « simples soldats », le reste : officiers et sous-officiers

« Chiffres maxima :
Paris : 800
Bourges : liste du 4 février 1833 : 1 818 personnes
Besançon : 1 200
Avignon et Lunel : 1 200
Châteauroux : 1 300
Le Puy, Salins, Lons-le-Saulnier, Poitiers : 400 environ pour chaque ville
Dans les autres villes de France : jusqu'à 1 500
Les derniers transports d’Allemagne et de l’île d’Oléron* : 1 500 environ.
Chiffre total de l’émigration polonaise en France correspondant à l’époque du printemps de 1833 : 10 000 hommes environ, sans compter les femmes et les enfants. »
*transports d’Allemagne et de l’île d’Oléronle site de l'association Les Amis de Norwid signale sur une page consacrée aux réfugiés une lettre du 25 juin 1832 du préfet de Charente au sous-préfet de Rochefort : « La Gabare La Loire, venant de Brest, a reçu l’ordre de se rendre en rade de l’île d’Aix, afin de prendre à son bord, pour être transportés à Alger, les réfugiés polonais qui sont partis de Dantzig sur un navire prussien. » et ajoute : « 441 réfugiés polonais débarquent le 4 août 1832 en rade de l’île d’Aix. On en annonce 600. »
Par ailleurs, il y a eu des réfugiés polonais à Saint-Pierre-d'Oléron, comme le montre une attestation en leur faveur d'habitants de la commune, citée par Piotrowski, page 69.

Page 56
« Le 26 février, un ordre de l’administration de la guerre réduisit de moitié la solde payée jusque là ; dorénavant, au lieu de l’espoir d’obtenir la solde d’activité, les soldats ne reçurent que trois sous* par jours ; c’était l’humiliation d’une aumône. »
*trois sous : 15 centimes

Page 56-57
« Vers la fin de l’année 1832, le gouvernement prit la décision de supprimer les dépôts ; les émigrés furent répartis en 200 villes et /// villages […] et furent alors obligés de gagner leur vie par le travail. »


Page 57
« De 1832 à 1838, la situation des immigrés polonais en France était très dure. On nota beaucoup de cas de suicides ; beaucoup de réfugiés se trouvaient démoralisés et dans la plus grande misère matérielle. Ils sont légions qui ne figurent sur aucune liste officielle. Ils remplirent des hôpitaux, des asiles de vieillards et autres établissements de bienfaisance. Les hommes âgés ayant une nombreuse famille étaient peu nombreux.
Tous, les jeunes et les vieux, durent apprendre un métier, car la plupart – militaires ou fonctionnaires – ne possédaient aucune spécialité. Ceux qui échouèrent dans la vie et ne parvinrent pas à s’assurer des moyens d’existence, furent bientôt regardés comme indésirables et, quoique leur pourcentage fut très faible, ils nuisirent à la réputation de l’immense majorité de leurs compatriotes qui s’adaptèrent aux nouvelles conditions et surent se rendre utiles. »


Page 58
« En 1832, 9 journaux polonais paraissaient en France. »

« Au début de l’émigration, nous voyons presque tous les grands écrivains et les poètes polonais de l’époque chercher abri en France, où ils trouvaient le terrain le plus favorable à leurs créations. Ils n’étaient pas sans exercer une certaine influence sur l’opinion et les lettres françaises, par exemple : le plus grand poète de Pologne, Adam Mickiewicz* (pendant quelques années professeur au Collège de France), Frédéric Chopin, Hoenewronski*, fondateur d’une doctrine philosophique, et une autre grand philosophe : Towianski*. »
*Adam Mickiewicz (1798-1855), écrivain. Voir la page Notices biographiques.
*Hoenewronski : Joseph Hoëné-Wronski (Józef Hoene-Wroński, 1776-1853), philosophe messianiste et scientifique ; né en Posnanie ; études secondaires ; école d’artillerie de Varsovie ; participe à l’insurrection de Kosciuszko ; prisonnier ; entre dans l’armée russe ; démissionne en 1798 ; vient en France, à Marseille ; révélation messianique en 1803 ; vient à Paris en 1810 ; travaux mathématiques peu reconnus ; part pour Londres (1819-1822) ; échecs de ses projets scientifiques ; revient en France ; travaux sur les machines à calculer ; sur des machines automobiles ; en 1831, adresse à Nicolas 1er un mémoire sur le rôle messianique du peuple polonais ; en 1842, conflit avec Mickiewicz sur la question du messianisme ; mort à Neuilly ; cimetière de Neuilly [notice Wikipédia révisée par moi le 31 août 2016] [notice de la Wikipédia polonaise]
*Towianski : André Towianski (Andrzej Tomasz Towiański, 1799-1878), penseur religieux messianiste ; né dans la région de Wilno ; étudiant en droit à l’université de Wilno ; fonctionnaire au Tribunal de Wilno ; « illumination religieuse » en 1828 : se persuade qu’il a un message de Dieu à transmettre aux hommes ; hérite la fortune familiale en 1837 ; vient avec sa famille à Paris en 1840 ; réunit dans le cadre de sa « secte » Koło Sprawy Bożej (Cercle de la cause de Dieu) des disciples, notamment Adam Mickiewicz, Juliusz Słowacki, Seweryn Goszczyński, Karol Baliński, Hieronim Napoleon Bońkowski, le peintre Walenty Wańkowicz ou le photographe Michał Szweycer ; expulsé en 1842 (suspicions d’espionnage ?), se réfugie en Suisse ; essaie vainement de faire reconnaître ses thèses par la papauté ; mort à Zürich ; cimetière de Sihlfeld [notice de la Wikipédia polonaise]


« A la suite d’événements tragiques – dont le plus important fut l’échec de l’insurrection de 1863 – dans la société polonaise se trouvant en Pologne se développe cette idée qu’on n’arrivera pas à l’indépendance du pays par la voie de la révolte et des insurrections, qu’il faut donc plutôt s’occuper du développement de la culture spirituelle et de l’amélioration économique ("positivisme polonais"). »


Page 59
« Presque toutes les organisations politiques de l’émigration polonaise sont dissoutes après 1863. Celles qui restent ne sont que des organisations culturelles et d’enseignement, notamment la célèbre bibliothèque polonaise dite « de Mickiewicz » du quai d’Orléans, et l’école polonaise des Batignolles*.
L’union nationale parmi les émigrés se dissipe, et agit alors pleinement l’influence assimilatrice ; l’émigration se diffuse, petite à petit, dans la société française, et enfin cesse d’exister complètement comme une masse homogène. »
*école polonaise des Batignolles : fondée en 1842, existe encore actuellement (15 rue Lemandé dans le XVIIème arrondissement)

DOCUMENTS
1) Page 60

Les crédits pour les émigrés étrangers en France votés par la Chambre
                        Nombre                     Crédits originaires   Crédits supplémentaires
1831                                                              2 000 000
1832               8409                                      3 650 000                     624 525
1833               5704                                      2 500 000                  1 500 000
1834               5428                                      2 500 000                     780 000
1835               5955                                      2 500 000                     500 000
1836               6019                                      2 500 000                     500 000
1837               6030                                      2 500 000                     370 000
1838               6597                                      2 000 000                     383 000
1839                                                              2 000 000                     350 000

Fonds privés de secours aux Polonais (1831-1839)
1) Sociétés françaises       
Comité central de Paris  92 710
Société du Bazar polonais* à Lyon  83 788
Comité d’Avignon  14 597
Comité de Bouasse*  1 800
b) Sociétés polonaises  339 071
Total                                                              531 968
*Société du Bazar polonais : société de soutien fondée à Lyon en juin 1831 
*Comité de Bouasse : aucune information

2) Page 61
Allocations aux réfugiés étrangers en 1839
Allocations ordinaires (subissant la réduction) :
1 323 soit 635 161 francs
Allocations extraordinaires (ne subissant aucune réduction :
5 260 soit 1 621 943
Dépenses imprévues 92 895
Total
6 583 soit 2 350 000


Répartition par nationalité :
Espagnols  1 058
Italiens  543
Polonais  4 974
Autres  8

Polonais enregistrés en France, en 1839
a) touchant l’allocation 4 974
b) ne touchant pas l’allocation 498
dont                 a) hommes 418
                        b) femmes 43
                        c) enfants 37
Total                                                  5 472

Allocataires polonais
1837 5 074
1838 5 182
1839 4 974
            dont
            a) travaillant 3 004
            b) ne pouvant travailler 823
            c) pouvant travailler 874
            d) femmes et enfants 273




Création : 6 avril 2015
Mise à jour : 
Révision : 1° septembre 2016
































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