lundi 18 janvier 2016

233 Suzanne Sens biographe de Chopin (1981)

Quelques informations à propos de Suzanne Sens et de son ouvrage consacré à Chopin


Classement : biographies ; Frédéric Chopin




Troisième partie : La nationalité de Frédéric Chopin, notamment :



L’auteur
Suzanne Sens, née en 1930, ancienne institutrice en Mayenne, est l’auteur de livres pour enfants, d’études locales mayennaises et de quelques autres biographies (La Fontaine, Alain Gerbault).
Voir notice dans Wikipédia.


L’ouvrage
Référence
*Chopin, Paris, Editions Duculot, coll. « Biographies Travelling », 1981 [ISBN 2-8011-0374-8]

Table des matières
1) 5 Polonaises [jusqu’en 1828]
2) 27 Concertos [1828-novembre 1830]
3) 42 « La Révolutionnaire » [novembre 1830-septembre 1831]
4) 52 La Valse de l’Adieu [septembre 1831-1837]
5) 73 Le Prélude de la goutte d’eau [1837-1839]
6) 88 Fantaisies et Ballades [1839-1844]
7) 104 Nocturne [1844-1847]
8) 122 Le chant du cygne [1848]
9) 133 L’âme de la musique [1849]

Contenu
Sur le plan biographique, il n’y a pas trop à redire, si ce n'est que Suzanne Sens démarque des auteurs plus anciens, notamment Guy de Pourtalès.
Par exemple dans le chapitre « La valse de l’Adieu », où elle reprend la trame du chapitre VI de Pourtalès pour la description de l’arrivée de Chopin à Paris (voir page Guy de Pourtalès 2 : la lettre de Chopin à Titus Woyciechowski) et dans le chapitre « Le chant du cygne » (titre repris du même), dont un énoncé (page 124 : « Toute sa vie, il avait joué à cache-cache avec [les révolutions] ») vient de Pourtalès (édition 1930, page 215 : « Depuis vingt ans, Chopin jouait à cache-cache avec les révolutions » ; mais, au moins, Pourtalès donne des exemples pour justifier son assertion, pas très convaincants du reste).

Erreurs et approximations
L’ouvrage contient par ailleurs son lot d’erreurs, dont certaines sont difficilement pardonnables.
Erreurs sur les noms
Page 8 :  « Adalberg Zwyny » [Adalbert Zywny] ; « Morainville » [Marainville]
Page 10 : « Justinia Krzyzanowska » [Justyna, Justine]
Page 19 : « Ferdinand Hoesik » [Hoesick]
Page 49 : « Jean Sobiescki » [???]
Page 53 : « le général Ramonino » [Ramorino] ; « son [à Chopin] ami Kumulski » [Kumelski]
Page 61 : « le prince Paul » [il s'agit du fils naturel, né en 1808, du grand-duc Constantin]
Page 66 : [sur Delphine Potocka] « c’était une Polonaise, mariée au comte Potocka » [Potocki]
Page 75 : « Jean Bablioski » [Bialoblocki?]

Erreurs de datation
Page 8 
*« Pourquoi Nicolas choisit-il de s’exiler à Varsovie ? On peut penser que la présence en Lorraine de Stanislas Leszczynski n’est pas étrangère à cette résolution. »
Ici encore, on a affaire à un Stanislas doté d’une longévité exeptionnelle (mais il s’agit sans doute d’une maladresse stylistique)
Page 9 
*pour 1788, elle évoque « des militaires que les récents événements avaient mis en demi-solde » (???)
*« en 1795, la Pologne fut partagée une nouvelle fois et Varsovie tomba sous l’occupation allemande » (« occupation prussienne » serait plus approprié)
Page 19, note à propos de Ferdinand Hoesick (Ferdynand Hoesick, 1867-1941), biographe de Chopin
*« C’est un condisciple de Chopin au lycée ».

Faiblesses historiques
Page 27
*« Ses hôtes [Anne Skarbek-Wiesolowski] l’emmenaient souvent à Antonin, château voisin habité par le prince Radziwill et ses deux filles, Elisa et Wanda.
L’aristocratie polonaise n’était pas fâchée d’exercer, en faveur de ses compatriotes de valeur, une sorte de mécénat. C’était une façon de faire la nique aux Russes, qui la tenait écartée du pouvoir (1).
Note 1 : Les Russes sont redevenus les maitres du pays, à la chute de l’empire napoléonien. »
Page 44
*« … un coup de force à Varsovie. Une insurrection générale avait chassé les Russes de la ville. Varsovie était libérée ! »

Manifestement, Suzanne Sens connaît peu de choses de la situation de la Pologne en 1815-1830.
D’une part, on ne peut pas dire que globalement, l’aristocratie polonaise était alors écartée du pouvoir, puisque, de fait, les Russes étaient peu nombreux à Varsovie (ce qui ne veut pas dire que le tsar n’avait pas de fidèles chez les Polonais).
D’autre part, les Radziwill d’Antonin ne se trouvaient pas dans le royaume de Pologne (sous tutelle russe), mais dans le Grand-duché de Posen (sous contrôle prussien).
Enfin l’interprétation de l’insurrection de 1830 comme phénomène varsovien est évidemment trop réductrice (même si c'est bien là qu'elle a commencé).




Création :18 janvier 2016
Mise à jour : 16 février 2016
Révision :
































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