lundi 21 janvier 2013

25 Frédéric Skarbek

Frédéric Skarbek (Fryderyk Florian Skarbek) : une personnalité importante du royaume de Pologne 


Classement : questions biographiques ; proches de Chopin ; histoire de la Pologne





Cet article a été utilisé avec mon accord pour créer la page Wikipédia Frédéric Skarbek (8 octobre 2014).



Frédéric Skarbek (Torun, 15 février 1792-Varsovie, 25 novembre* 1866), élève de Nicolas Chopin, est une personnalité polonaise importante au XIXème siècle, à la fois dans le domaine intellectuel et dans le domaine politique.

Plusieurs pages de ce blog lui sont consacrées, indépendamment de ses relations avec Frédéric Chopin : 

*Bibliographie (liste de ses oeuvres et ouvrages qui lui sont consacrés)
*Traduction de la notice biographique du Narodowy Instytut Frederyka Chopina (2007) 
*Notice de Mélanie Waldor dans l'édition française de Tarlo (1834)
*Notices des dictionnaires encyclopédiques Larousse (1876 et 1933)
*Préface à Histoire du duché de Varsovie par Piotr Chmielowski (1897)
*Présentation de son livre Pamiętniki (Mémoires) (1878)
*Présentation de son livre Théorie des richesses sociales (1829)
*Présentation de son livre Considérations générales sur le meilleur régime de prisons (1842)
*Présentation du recueil Œuvres théâtrales (1847)

On trouve à son sujet trois notices Wikipédia (polonaiseanglaise et suédoise), et d'autres sur différents sites (voir bibliographie).



Sommaire de la page
Résumé de la notice du Narodowy Instytut Frederyka Chopina sur Frédéric Skarbek
Analyse de quelques points :
1) la date de naissance de Frédéric Skarbek
2) la question de son attitude face à la domination russe

Résumé de la notice du NIFC
Après avoir été l’élève de différents précepteurs de 1798 à 1802, et de Nicolas Chopin de 1802 à 1805, Frédéric Skarbek entre au Gymnase royal de Varsovie (futur Lycée de Varsovie) créé par les autorités prussiennes en 1804. Il termine ses études secondaires en 1808, et après quelques mois d’attente, part pour Paris à la fin de 1809.
Son séjour est supervisé par son compatriote Pierre Maleszewski (fils de Michel Poniatowski) ; Skarbek n'étudie pas à l'Université de Paris, mais les cours du Collège de France (droit, économie, science politique, philosophie), et reçoit aussi un enseignement particulier de Camille Saint-Aubin. Il rentre à Varsovie en juillet 1811.
Il travaille un moment comme stagiaire dans l’administration du duché, puis vit à la campagne, participant à la vie locale à la diétine de Sochaczew ; il est élu conseiller de voïvodie en 1818. En même temps, il mène à bien une thèse à l’université de Cracovie (il obtient le doctorat le 7 mai 1819).
En 1818, il rachète le domaine de Zelazowa Wola, épouse Prakseda Gzowska et, à la fin de l'année, commence à donner des cours à la Faculté de droit de l’Université de Varsovie. 

Au début des années 1820, il devient professeur à part entière, et un peu plus tard à l’Ecole forestière. Il devient membre de la Société des Amis de la science et suit les activités de Stanislaw Staszic (1755-1826), dont il prononce l’oraison funèbre. Sous l’influence de Staszic, il tourne son attention vers les problèmes des hôpitaux et des prisons. 
En 1828, il effectue un voyage à Paris, en relation avec la publication de son livre Théorie de la richesse sociale (publié en premier lieu en français). A son retour, il est nommé à la direction des hôpitaux et des prisons.

En octobre 1830, à la demande du tsar, il vient à Saint-Pétersbourg pour une mission d’observation du système de santé ; la Pologne entrant en insurrection en novembre, il se trouve bloqué en Russie, résidant dans la capitale jusqu’au printemps, puis à Grodno ; il rentre à Varsovie après sa reconquête par l'armée russe en septembre 1831.

Après cela, alors que le royaume de Pologne se trouve sous la férule d’Ivan Paskevitch (vice-roi de 1831 à 1855), il assure des fonctions dans les mêmes domaines que précédemment ; en 1841, il devient membre de la Commission des affaires intérieures ; il est un moment directeur du Département de l'Industrie et du Commerce et président de la Direction des Assurances de 1842 à 1855). En 1854, il est nommé président de la Commission gouvernementale pour la justice (c’est-à-dire ministre) et sénateur. Il quitte ses fonctions officielles en 1858, suite à un différend avec les autorités russes.

Dans les années qui suivent, il écrit plusieurs ouvrages importants : Histoire du Duché de Varsovie, Histoire de Pologne, et ses Mémoires (les deux derniers publié après sa mort).
Par ailleurs, il est l’auteur de plusieurs romans et d’autres œuvres littéraires.

Il meurt de septicémie en 1866.


ANALYSES
Les points ci-dessous se réfèrent à la notice du NIFC, notamment le point 1.

1) le problème de la date de naissance de Frédéric Skarbek
On remarque que la date de naissance enregistrée est antérieure d’une semaine à la date reconnue par la tradition familiale. On a donc ici une analogie avec le cas de Chopin (naissance enregistrée : 22 février ; tradition familiale : 1° mars).

La date enregistrée (15 février) est fournie par le registre de l’église Saint Jean à Torun.

En ce qui concerne la date familiale, elle est mentionnée dans les Mémoires de Frédéric Skarbek, écrites vers 1860 et publiées en 1876 : sa mère, Louise Skarbek, affirmait qu’il était né à la saint Pierre (donc le 22 février). Toutefois, c'est la date enregistrée qui est utilisée par les biographes, contrairement à ce qui se passe pour Chopin.

Ces éléments restent à vérifier, mais s’ils sont exacts, leurs implications mériteraient d’être étudiées en détail à propos de la question de la date de naissance de Frédéric Chopin.


2) Frédéric Skarbek et la domination russe sur la Pologne
A partir de 1831, il continue d’avoir une activité officielle dans le cadre d’une Pologne qui a perdu une grande part de son autonomie, qui connaît même un processus de russification sous la direction du vice-roi Ivan Paskevitch. 

Dans les années 1830, Frédéric Skarbek semble écarté des plus hauts niveaux de la hiérarchie administrative, mais il conserve des fonctions. A partir des années 1840, il est nommé à des fonctions plus importantes. Il reçoit un certain nombre de distinctions de la part des autorités russes. Ce n’est qu’à la fin des années 1850, après l'ère Paskevitch, qu’il met fin à ses fonctions officielles, pour des raisons partiellement ou entièrement politiques . 

Il est intéressant de constater qu’il ne subit pas d’opprobre rétrospectif pour ce comportement, qu’on pourrait qualifier de « coopération attentiste », sinon de « collaboration » avec l’oppresseur (à une époque où un nombre non négligeable de Polonais sont en exil après l’échec de l’insurrection de 1830-31).


Notes
*25 novembre 1866 : ou, peut-être, 25 septembre 1866



Création : 21 janvier 2013
Mise à jour : 8 octobre 2014
Révision :  8 octobre 2014





























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