vendredi 1 février 2013

27 Frédéric Skarbek : biographie détaillée

Traduction de la notice « Fryderyk Skarbek » (en polonais) du Narodowy Instytut Fryderyka Chopina


Classement : questions biographiques ; Frédéric Skarbek ; histoire de la Pologne





Ceci est une annexe des pages Frédéric Skarbek (biographie résumée) et La famille Skarbek.


La notice du NIFC (par Peter Myslakowski et Andrzej Sikorski) comporte plusieurs paragraphes consacrés à Casper Skarbek, père de Frédéric, non traduits ci-dessous.
Les intertitres sont ajoutés au texte original ; les passages entre crochets sont soit des [compléments de traduction], soit des [explications] ; les astérisques renvoient aux notes de bas de page.


Traduction
« Frédéric Florian Skarbek, écrivain, économiste, historien et homme politique, est une personnalité éminente de l'histoire de la Pologne au dix-neuvième siècle. Il est aussi entré dans l'histoire comme élève de Nicolas Chopin et comme parrain de son fils, Frédéric.

[Reprise au quatrième paragraphe : « Najstarszy syn, Fryderyk-Florian, urodził się 15 lutego 1792 roku w Toruniu »]

Le fils aîné [de Casper Skarbek et Ludwika Fenger], Frédéric Florian, est né le 15 février 1792 à Torun, au 14 de la rue Mostowa, dans la maison (encore existante) de son grand-père maternel, Jacob Fenger, où il a habité jusqu'à la mort de ce dernier en 1798. Il y a des doutes quant à sa date de naissance, parce que, comme il l'écrit dans ses Mémoires, sa mère affirmait qu'il était né à la Saint Pierre (22 ou 23 février*), tandis que l'acte de baptême de l'église Saint-Jean indique le 15 février. 

Formation
Il passa les années suivantes avec son père à Izbica, mais après la séparation de ses parents et l’installation de sa mère à Zelazowa Wola, il perdit le contact avec son père, qu’il n'a probablement plus jamais rencontré. À partir de 1798, il fut éduqué par un certain nombre de précepteurs successifs qui ne donnèrent pas satisfaction à ses parents, et passa finalement à l'âge de 10 ans sous la garde de Nicolas Chopin : comme il l'a lui-même reconnu, l'éducation qu’il a reçue de lui a façonné sa future attitude scientifique et son potentiel intellectuel. 

Après qu’en 1804 les autorités prussiennes eurent créé à Varsovie un Gymnase Royal (plus tard rebaptisé Lycée), l’ambitieuse Louise Skarbek lui confia son fils (en 1805), le plaçant d'abord en pension chez le professeur Stefazjusza, puis chez un certain Kochanowski, et enfin chez Samuel Bogumil Linde, Recteur du Lycée, son ancien professeur de Torun. En plus de ses propres activités, le jeune Skarbek aidait Linde dans son travail pour son monumental Dictionnaire de la langue polonaise. Frédéric acheva sa formation secondaire avec le baccalauréat en 1808, obtenant de bonnes mentions.

En raison des difficultés financières de la mère, il ne lui fut pas possible de commencer [immédiatement] des  études à l'étranger et il passa l'année suivante (1809) à Zelazowa Wola, alors que dans le voisinage se déroulaient des épisodes de la guerre avec l'Autriche.

Le séjour à Paris (1809-1811)
A l'automne de la même année il partit avec quelques collègues étudier à Paris, où il resta jusqu'en juillet 1811. Durant cette période, il assista à des conférences dans le domaine du droit, de la science politique, de l'économie, des sciences naturelles et de la philosophie, tout en profitant, compte tenu de ressources financières modestes, de la vie artistique et culturelle de Paris (théâtres, musées, concerts). Il s’efforça aussi d'établir des contacts sociaux, rendant plusieurs visites à Marie Walewska (née Łączyńska), à ce moment-là aimée de Napoléon, qu’il avait rencontrée  dans son enfance quand il avait visité avec sa mère la famille Łączyńska à Kiernozia. Il vivait modestement dans le Quartier Latin, assistant surtout aux conférences du Collège de France, mais son principal professeur d'économie était, enseignant en privé, Camille Saint-Aubin* ; le cursus des études de Skarbek était supervisé par un écrivain économiste connu, Pierre Maleszewski* (fils illégitime du primat Michel Poniatowski). Durant ses loisirs, Frédéric écrivait des poèmes, peignait des paysages et pratiquait la clarinette.

Les années 1810
Après son retour à Varsovie, en juillet 1811, il fit un stage non rémunéré au Ministère du Trésor, puis fut chargé de la traduction en français de la correspondance officielle de la Confédération Générale et du Conseil des Ministres. Au cours des années suivantes, qu’il passa à la campagne, il prit part à la diétine de Sochaczew ; en 1813, il fut élu (malgré son jeune âge, 21 ans) procureur du district, en 1817, président de la diétine, en 1818, conseiller de voïvodie [probablement la voïvodie ou département de Varsovie] . Il remplaça deux fois le sous-préfet [de Sochaczew]. En même temps, il se mit à écrire des articles économiques, publiés dans le Journal de Varsovie, dont il devint un contributeur régulier, [et même] co-rédacteur en chef du comité de rédaction (1822-1823). Sous le pseudonyme d’Agapit Lizowicz, il se joignit à la campagne de Stanislas Kostka Potocki contre l'obscurantisme, écrivant des textes satiriques pour Świstek krytyczny [« Papier critique »].
En mai 1818, il racheta à sa mère les domaines de Zelazowa Wola et d’Orly « avec les dépendances », ce qui est probablement lié à son proche mariage avec Prakseda Gzowska d’Osięcin en Cujavie (18 juillet 1818). A l'automne de la même année, Skarbek accepta l'organisation de conférences en économie politique à la Faculté de Droit et d'Administration de l'Université de Varsovie, ce qui provoqua l'indignation et le scandale de son beau-père, qui essaya même de l’amener à divorcer de sa fille (dans la vieille tradition polonaise, l'enseignement, ainsi que le commerce, était une profession indigne d'un noble). Une indignation similaire fut déclenchée chez son beau-père par une visite à la ferme d’Orly, proche de Zelazowa Wola, où Frédéric avait construit une maison noble modeste, qui ne correspondait pas aux idées de son beau-père qui le contraignit à acheter quelques fermes voisines dans le but « d'assurer un entretien convenable à sa fille ».
Eu égard aux questions formelles, Skarbek devait obtenir un doctorat en philosophie, ce qui fut fait par correspondance avec l'Université de Cracovie le 7 mai 1819*.

Les années 1820
À l'université de Varsovie, Skarbek s’éleva progressivement dans la hiérarchie professorale (assistant en 1818, titulaire en 1819, conseiller en 1820) ; ses conférences sur l'économie politique connaissaient un grand succès.
Jusqu’en 1830 [date de son retrait de l’université], il publia aussi maints travaux dans le domaine de l’économie ; certains d’entre eux eurent un succès international ; en effet il traitait de questions importantes comme la division du travail, le retard de la classe paysanne, la faiblesse de la classe moyenne, les conflits de la petite noblesse avec les paysans. Il préconisait la  transformation des travailleurs salariés en petits entrepreneurs, etc. Cette période fructueuse en travaux et en résultats scientifiques conduisit Skarbek à un emploi en tant que professeur à l'École spéciale forestière, à l'adhésion à la Société néerlandaise pour la recherche scientifique et à plusieurs voyages de nature scientifique à l'étranger.
En 1821, il devint membre candidat de la Société des Amis de la Science puis  membre actif en 1823. Lors des séances de la Société, il présentait ses projets économiques ; il participait aussi à l'organisation (y compris l'organisation et la supervision de la bibliothèque). Fasciné par l’activité de Staszic*, il fit en 1824 publiquement l’éloge de sa fondation de Hrubieszów et deux ans plus tard prononça la fameuse oraison funèbre à son enterrement.
Ses relations étroites avec Stanislaw Staszic influencèrent l'évolution de ses intérêts des questions économiques théoriques vers la politique sociale, les affaires criminelles et le sort des infirmes. Dans son temps libre, il visitait des prisons et des hôpitaux de la province, rendant compte de leur situation devant la Commission gouvernementale des affaires intérieures [Rządowa Komisja Spraw Wewnętrznych]. Lorsqu'en 1828 il décida  d’aller à Paris (en relation avec la publication de son livre), le gouvernement lui demanda de visiter des œuvres étrangères de bienfaisance et des prisons. Il tenta par la suite - en vain - de transplanter en terre polonaise les solutions observées en Allemagne et aux Pays-Bas (par exemple les colonies agricoles pour les pauvres). A Paris, il fut élu membre de la Société philotechnique*.

Les années 1829-1830
Après son retour, il rejoignit la Direction des hôpitaux et des prisons, et en 1829, devint référendaire au Conseil d'Etat et assesseur à la Commission des affaires intérieures. La même année, il fonda à Varsovie (avec la fondation Staszic) une Maison d’hébergement et de travail pour les vagabonds et les mendiants, et (avec des fonds publics) – l’Institut pour les enfants moralement négligés (avec Stanislaw Jachowicz*). Soucieux de l’état des prisons, il attira l'attention du gouvernement sur les conditions déplorables de la prison préventive alors existante, dite la Poudrière, puis conçut et conduisit à  la construction d’une nouvelle prison, plus tard connue sous le nom de Pawiak*. Sur le terrain du gouvernement et de la Diète, il agit pour défendre le Code Napoléon (contre des modifications excessives) et contribua à l'adoption d’un projet de loi sur les vagabonds et les pauvres (1830).
Sur le plan politique,  il professait des opinions relativement libérales ; en 1820,  il  collabora à Orzeł Biały [« L’Aigle blanc »]  [et] entra en contact avec l'Association patriotique, mais ne prit pas  activement part à ses affaires, comme en témoigne l'enquête menée sur cette organisation en 1826. En dépit de sa position politique prudente, Skarbek était harcelé par J. K. Szaniawski*, le chef de la censure tsariste, qui surveillait ses conférences, essayait de censurer ses livres, égara une demande de récompense impériale pour son livre d’économie, et finalement contribua à l'échec de sa candidature pour devenir recteur de l'Université. Il était en relations froides avec le chancelier de l'Échiquier, François-Xavier Drucki Lubecki*.

Le voyage en Russie (1830-1831)
En octobre 1830, Skarbek fut appelé à Saint-Pétersbourg à la demande du tsar pour visiter les hôpitaux locaux et les établissements de soins sociaux. Il s'acquitta de cette mission et fit un rapport à Nicolas 1er. Son retour à Varsovie fut empêché par l’éclatement de l’insurrection : sur l'ordre du tsar, Skarbek resta à Saint-Pétersbourg, où il résida jusqu'au printemps de 1831. Il fut alors nommé chambellan, conseiller d’Etat adjoint et membre du Gouvernement provisoire (qui devait remplacer les autorités polonaises révolutionnaires), recevant le ministère de la religion et de l'instruction*.
Son retour à Varsovie fut retardé jusqu’en septembre 1831 en raison des événements militaires et des ordres du tsar. Skarbek séjourna principalement à Grodno, sur le côté russe du front, et il n’arriva à Varsovie qu’après sa reprise par Paskevitch*. Compte tenu de l’altération de la situation politique, les nominations gouvernementales de cette époque furent considérées comme nulles. Skarbek ne réussit pas à sauver la Société des amis de la science avant la liquidation et la déportation de ses collections, ni à conserver les restes de l'éducation polonaise*.

Sa carrière ultérieure (1833-1858) 
Il resta actif surtout dans le domaine de l'hospitalisation, des prisons et des œuvres de bienfaisance. En 1833, il fut nommé dans la fonction honorifique de membre du Conseil général de tutelle des Instituts de charité, dont il devint président en 1845 ; cependant à partir de 1841, il fut de nouveau dans la Commission gouvernementale des affaires intérieures, notamment en tant que directeur du Département de l'Industrie et du Commerce. Dans les années 1842-1855, il assura la fonction de président de la Direction des Assurances. Dans ce domaine, il mit en place une série de solutions d'assurance en se référant aux institutions [d’Europe] occidentale.
Le 7 Avril 1846, le tsar [Nicolas Ier, qui règne jusqu’en 1855] lui accorda un brevet lui donnant, ainsi qu’à ses descendants, le titre héréditaire de comte du Royaume de Pologne, ce qui mit fin à son long et infructueux conflit avec la Héraldique* pour le droit à ce titre. L'année suivante, il obtint le titre  de conseiller secret*. Pour ses nombreuses années de service, Skarbek reçut également une série d’honneurs russes : ordres de saint Stanislas, Sainte Anne et Saint Vladimir ainsi que des médailles de  routine pour service irréprochable. A la fin de l’époque où Paskevitch agissait en tant que vice-roi de Pologne, Skarbek rentra progressivement en grâce auprès des autorités russes ; en 1854, il fut nommé directeur président ([c'est-à-dire] ministre) de la Commission gouvernementale pour la justice ainsi que sénateur. En essayant de tirer le meilleur parti de cette occasion, il essaya, avec Vincent Krasinski*, de renforcer l'influence polonaise dans l'administration, ce qui déplut fortement au gouverneur suivant, M. Gortchakov* et au curateur du district scolaire, P. Muchanow. Une initiative de Skarbek concernant la nomination, indépendamment des autorités, des enseignants de l’Ecole de droit, s’acheva - à la suite d'intrigues de Muchanow – par sa démission du gouvernement et par sa demande de libération du service public (1858).

Les dernières années (1858-1866)
Durant la période précédant l'Insurrection de janvier (1863), Skarbek participa aux activités du cercle d’André Zamoyski* et de la Société d’Agriculture [fondée par Zamoyski]. Les successeurs de Gortchakov, les gouverneurs Suchozanet et Lambert essayèrent de le faire revenir à l’activité publique, en lui offrant des postes gouvernementaux élevés, mais il posait des conditions politiques inacceptables. En conséquence, il resta à l'écart et se consacra de nouveau à l’activité d’écrivain et de chercheur. Il écrivit à ce moment un certain nombre d'œuvres de valeur dans le domaine de l'économie et l'histoire. La plus remarquable est son Histoire du Duché de Varsovie (Poznan, 1860), en deux volumes, qui pour une centaine d'années imposa aux générations suivantes sa manière de voir le duché de Varsovie et son histoire interne, décrite sur la base de ses propres expérience et observation. Ensuite, Skarbek écrivit une Histoire polonaise en trois volumes et des Mémoires (les deux ouvrages furent publiés à Poznan après sa mort).

Œuvre littéraire et artistique
Toute sa vie, Skarbek eut une activité littéraire : il écrivit des poésies et des contes et traduisit des auteurs classiques. Cependant, il mérite surtout [d’être cité] en tant que romancier – il a écrit plusieurs romans, dont la plupart sont appréciés : Pan Antoni (1824), Podróż bez celu (1824), Pan Starosta (1826), Życie i przypadki Faustyna Feliksa na Dodoszach Dodosińskiego (1830-1838) et Pamiętniki Seglasa (1845), dont le héros a pour modèle Nicolas Chopin. Il écrivit également un certain nombre de pièces de théâtre, des comédies principalement, dont le sujet était d’examiner des situations de vie des habitants de l’époque : séduction, mariages « arrangés », et (soi-disant) authentiques scandales sociaux. Frédéric Skarbek était aussi un peintre paysagiste de talent, exposant ses œuvres lors d’expositions à Varsovie, participant aux travaux de jury et de comité d’organisation de ces expositions.

Famille
En ce qui concerne sa vie de famille, Skarbek s’est marié deux fois.
Son premier mariage, déjà évoqué, eut lieu en 1818 avec Prakseda Gzowska, fille de Joseph Gzowski* et de Sophie, née vers 1792, à Osięciny, et décédée le 25 mai 1836 à Varsovie, avec qui il a eu un fils, Joseph (13 mars 1813 - 24 juillet 1900), futur mari de la fiancée de Frédéric Chopin, Maria Wodzinska.
Le 30 Avril 1838, il épousa à Varsovie Pélagie Gertrude Mathilde Florentyna Józefa Rutkowska* (herb* Pobóg), née en 1809, chanoinesse de Varsovie, fille de Marian Rutkowski, héritier de Szpetal Gorny dans la région de Dobrzyn, et de Balbina Nosarzewska, décédée le 9 Juillet 1874 à Varsovie, dont il eut trois enfants :
*Henry (10 avril 1839, Varsovie – 2 janvier 1904, Lvov), syndic de la Fondation Skarbek* à Lvov ;
*Wladyslaw (1841 – décembre 1853, Teplice) ;
*Sophie (15 mai 1847, Varsovie – 18 mai 1897, Jordanowice), mariée avec Bronislaw Łuszczewski (1843-1895).
Ses fils Joseph et Henry s’engagèrent dans la lutte pour l'indépendance et furent  emprisonnés, en raison de quoi il dut intervenir à plusieurs reprises, avec plus ou moins de succès, auprès des gouverneurs tsaristes.

La mort
En octobre 1866, il fut frappé d’une attaque d'apoplexie sans gravité, dont il sortit sans séquelles, mais un mois plus tard il développa une maladie ulcéreuse (furoncles), qui, malgré deux interventions chirurgicales se transforma en une infection généralisée du sang (septicémie), de sorte qu’il mourut le  25 novembre 1866 ; il fut enterré le 27 dans le caveau familial au cimetière de Powazki*. »

Peter Myslakowski et Andrzej Sikorski (avril 2007)


NOTES
Erreurs
*il a eu un fils, Joseph (13 mars 1813 - 24 juillet 1900) : le texte indique bien l'année 1813, qui est probablement inexacte, puisque le mariage a eu lieu en 1818. Selon un site généalogique polonais, il serait en fait né en 1822.

Personnalités
*Camille Saint-Aubin (1758-1820)
*(polonais) Pierre Maleszewski (1767-1828)
*Stanisław Staszic (1755-1826)
*(anglais) Stanislaw Jachowicz (1796-1857)
*Jozef K. Szaniawski (1764-1843) : Jerzy Jedlicki, A Suburb of Europe. Nineteenth-century Polish Approaches to Western Approaches to Western Civilization, Central European University Presse, Budapest, 1999 (Varsovie, 1988 : Jakiej cywilizacji Polacy potrzebuja), p. 48, le décrit comme « a Jacobin in his youth, later an ultra-conservative philosopher and censor »
*(anglais) François-Xavier Drucki Lubecki (1778-1848)
*Ivan Paskevitch (1782-1856) : vice-roi du royaume de Pologne de 1831 à 1855
*Vincent Krasinski (1782-1858)
*Mikhaïl Gortchakov (1795-1861)
*(anglais) André Zamoyski (1800-1874)
*Joseph Gzowski : propriétaire du village d’Osięciny à partir de 1789
*Pélagie Rutkowska : portrait

Institutions
*saint Pierre : un de ses jours de célébration est le 22 février
*Société philotechnique (Société philotechnique de Paris) selon une notice de la BnF, cette société datant de 1795 (et encore existante dans les années 1920), avait été fondée pour lutter contre le vandalisme (révolutionnaire) et défendait par la suite les « saines traditions littéraires et artistiques » ; sans relation autre que le nom avec l’Association philotechnique fondée en 1848 et encore existante (rue des Fossés-Saint-Jacques)
*prison Pawiak
*la Héraldique : dans le texte polonais,  « Heroldia », sans doute une institution chargée de la surveillance des titres de noblesse
*conseiller secret (tajny radca) : titre sans doute honorifique à cette époque
*herb : dans le nobiliaire polonais désigne une branche, un clan
*Fondation Skarbek : créée à Lvov par (polonais) Stanislaw Skarbek (1780-1848) ; aucun lien de parenté de ce dernier avec la famille de Frédéric Skarbek n’est indiqué.
*cimetière de Powązki : situé à l'ouest de Varsovie

Traduction
*Eu égard aux questions formelles, Skarbek devait obtenir un doctorat en philosophie, ce qui fut fait par correspondance avec l'Université de Cracovie le 7 mai 1819 : Ze względów formalnych musiał Skarbek uzyskać doktorat z filozofii, co nastąpiło w drodze korespondencyjnej z Uniwersytetem Krakowskim w dniu 7 maja 1819
*Il fut alors nommé chambellan, conseiller d’Etat adjoint et membre du Gouvernement provisoire (qui devait remplacer les autorités polonaises révolutionnaires), recevant le ministère de la religion et de l'instruction : W tym czasie został mianowany szambelanem, nadzwyczajnym radcą stanu i członkiem Rządu Tymczasowego (który miał zastąpić polskie władze rewolucyjne), z powierzeniem mu resortu wyznań i oświaty
*Skarbek ne réussit pas à sauver la Société des amis de la science avant la liquidation et la déportation de ses collections, ni à conserver les restes de l'éducation polonaise : Nie udało się Skarbkowi uratować Towarzystwa Przyjaciół Nauk przed likwidacją i wywiezieniem jego zbiorów, ani zachować szczątków polskiego szkolnictwa



ANALYSES

1) le problème de la date de naissance de Frédéric Skarbek
On remarque que la date de naissance enregistrée est antérieure d’une semaine à la date reconnue par la tradition familiale. On a donc ici une analogie avec le cas de Chopin (naissance enregistrée : 22 février ; tradition familiale : 1° mars).

La date enregistrée (15 février) est fournie par le registre de l’église Saint Jean à Torun.

En ce qui concerne la date familiale, on la trouverait notamment dans les Mémoires de Frédéric Skarbek, écrites vers 1860 et publiées en 1876 : sa mère, Ludwika Skarbek, affirmait qu’il était né à la saint Pierre (donc le 22 février). Toutefois, c'est la date enregistrée qui est utilisée par les biographes, contrairement à ce qui se passe pour Chopin.

Ces éléments restent à vérifier, mais s’ils sont exacts, leurs implications mériteraient d’être étudiées en détail.


2) Frédéric Skarbek et la domination russe sur la Pologne
A partir de 1831, il continue d’avoir une activité officielle dans le cadre d’une Pologne qui a perdu une grande part de son autonomie, qui connaît même un processus de russification sous la direction du vice-roi Ivan Paskevitch.

Dans les années 1830, Frédéric Skarbek semble légèrement écarté des plus hauts niveaux de la hiérarchie administrative, mais il conserve des fonctions ; mais, à partir des années 1840, il est nommé à des fonctions plus importantes. Il reçoit un certain nombre de distinctions de la part des autorités russes. Ce n’est qu’à la fin des années 1850, après l'ère Paskevitch, qu’il met fin à ses fonctions officielles, pour des raisons partiellement ou entièrement politiques .

Il est intéressant de constater qu’il ne subit pas d’opprobre rétrospectif pour ce comportement, qu’on pourrait qualifier de « coopération attentiste », sinon de « collaboration » avec l’oppresseur (à une époque où un nombre non négligeable de Polonais sont en exil après l’échec de l’insurrection de 1830-31).




Création : 1° février 2013
Mise à jour : 11 mars 2014
Révision : 11 mars 2014





























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