jeudi 28 mars 2013

44 Adam Weydlich (1742-ca 1815)

Quelques informations sur Adam Weydlich et Françoise Schelling, son épouse, sur leur rôle dans la vie de Nicolas Chopin


Classement : biographies ; proches de Nicolas Chopin




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Sommaire
*Adam Weydlich
*Françoise Schelling, son épouse
*Christophe Schelling, grand-père de Françoise
*Henry Schelling, son père
*Michel Joseph Weydlich, leur fils né en 1783 à Marainville

Adam Jan Weydlich

La notice du NIFC
La principale source disponible (à ma connaissance) en ce qui le concerne est la notice biographique (en anglais ou en polonais) qui lui est consacrée sur le site du Narodowy Instytut Fryderyka Chopina, dont je donne une traduction dans une page annexe.

Pour la résumer, on peut dire qu’Adam Jan Weydlich est issu d’une famille noble d'Allemands de Moravie (royaume de Bohême, donc dans l'Empire d'Autriche), dont un fils, Franciszek, s’est installé vers 1720 à Świecie en Prusse occidentale, la partie de la Prusse relevant du royaume de Pologne, dont la ville principale était Dantzig/Gdansk. Adam  est un des fils de ce Franciszek ; il est né le 22 octobre 1742.

Il apparaît dans l’histoire dans le cadre de la Confédération de Bar, rébellion contre le roi de Pologne Stanislas Auguste Ponatowski : en 1770, il est envoyé à Paris comme secrétaire de l’ambassadeur de la Confédération auprès du roi Louis XV (Michał Wielhorski). Après la chute de la Confédération en 1772, il reste en France où il aurait reçu des lettres de naturalité en 1776 ; il épouse une Française de Paris, Françoise Schelling. Il entre ensuite au service de Michał Jan Pac, autre confédéré exilé en France et devient régisseur du domaine de Marainville à partir de son achat par Pac en 1780.

Dans ce cadre, il se trouve en contact avec François Chopin, syndic de la communauté villageoise de Marainville ; lui et son épouse se seraient intéressés à l’éducation de Nicolas Chopin, et dans des conditions [à préciser au plan institutionnel], l’emmènent en Pologne lorsqu’à la suite de la mort de Michał Jan Pac, ils décident d’y retourner.

Des documents attestent qu'ils sont ont créé en 1788 un pensionnat de jeunes filles ; en 1792, ils sont hébergés avec Nicolas dans un appartement cédé par un frère d’Adam, François (le jeune), professeur à l’Ecole des Cadets de Varsovie. 

A partir de 1800, on perd la trace des Weydlich à Varsovie. Quelques renseignements épars indiquent qu’ils se sont installés en Galicie ou en Podolie russe et qu’ils sont tous deux morts aux alentours de 1815.


Autres sources d’informations
Dans la notice Wikipédia concernant Nicolas Chopin (version anglaise), il est indiqué que :

« As village administrator, François Chopin was acquainted with Adam Jan Weydlich the Polish-born estate administrator for Count Michał Jan Pac. Weydlich took an interest in the education of young Nicolas, teaching him the rudiments of the Polish language, while Weydlich's wife—a Parisian, Françoise-Nicole née Schelling—taught him French and German literature, music, etiquette, calligraphy, and accounting [5].
[5] Wróblewska-Straus, Hanna. « Nicolas Chopin », Korespondencja Fryderyka Chopina, Vol. I, p. 571.  ».

Ces informations restent à vérifier dans le détail (pourquoi la comptabilité ?).


Françoise Schelling (née vers 1745)
Des renseignements plus précis sont fournis à son sujet dans la thèse de Gabriel Ladaique, Les ancêtres paternels de Frédéric Chopin
En particulieron y trouve (tome 2, annexe I) la reproduction et la transcription de la lettre de naturalité de son grand-père, Christophe Schelling, établie en janvier 1741.

Christophe Schelling (né vers 1690)
Extraits de son acte de naturalisation (lettre de naturalité, janvier 1741)
« … Notre aimé Christophe Schelling natif de la ville de Ludenscheid* dans la Prusse allemande*, tailleur d’habits à Paris, faisant profession de la religion catholique apostolique et romaine, nous a fait représenter qu’il est depuis près de 20 ans dans notre royaume où il souhaiterait fixer sa demeure et finir ses jours ; mais que pour participer aux avantages et droits dont jouissent nos sujets et régnicoles, il aurait besoin de nos lettres de naturalité qu’il nous a très humblement supplier de lui accorder ; à ces causes voulant favorablement traiter ledit Schelling, nous l’avons reconnu et censé tenu et réputé par ces présentes signées de notre main, reconnaissons, tenons, censons et réputons pour notre vrai et naturel sujet et régnicole, … [et voulons] qu’après son décès, ses enfants né* et à naître en légitime mariage héritiers ou autres en faveur desquels il aura disposé desdits biens puissent lui succéder pourvu qu’ils soient nos régnicoles* comme ainsi que si ledit Schelling était originaire de notre royaume … ; … sans qu’il soit … tenu de nous payer ni aux rois nos successeurs aucune finance ni indemnités … à la charge de finir ses jours dans notre royaume dont il ne pourra sortir sans notre permission expresse et par écrit* et de ne s’entremettre* pour aucun étranger à peine de nullité des présentes ; … sans tirer à conséquence car tel est notre bon plaisir et [pour] enfin que ce soit chose ferme et stable à toujours nous avons fait mettre notre scel à cesdites présentes. »

Notes
*Ludenscheid : Lüdenscheid, ville de Westphalie (actuellement dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie) à 50 km au nord-est de Cologne et 25 au sud de Dortmund
*Prusse allemandeau XVIIIème siècle, la ville fait partie d'un territoire prussien isolé situé dans la région de Dortmund (sans inclure cette ville), le comté de la Marck (Grafschaft Mark) ; la formule est justifiée par le fait que la Prusse originelle (Königsberg, etc.) ne fait pas partie du Saint Empire allemand ; mais elle indique sans doute aussi qu'il s'agit d'un territoire situé hors du Brandebourg
*enfants né et à naître : cette formule semble indiquer que Christophe Schelling a déjà un enfant en 1741
*pourvu qu’ils soient nos régnicoles : qu'ils soient nés en France ou, sinon, aient été  naturalisés
*finir ses jours dans notre royaume dont il ne pourra sortir sans notre permission expresse et par écrit : point de législation des passeports
*s'entremettre : terme dont la signification dans le contexte reste à déterminer

Commentaire
Christophe Schelling est installé en France depuis 1720-1725 et en 1741, demeure à Paris. Il est certainement roturier, vu sa profession.

Henry Schelling (né vers 1715)
Dans le tome 1 (page 157), Gabriel Ladaique indique, sur la base de diverses sources*, que Christophe Schelling a eu un fils, « Henry Venhove (?), né à Ludenscher (Westphalie)  », qui a obtenu ses lettres de naturalité en 1760 : Ludenscher est certainement mis dans ces lettres (non reproduites) pour Ludenscheid, ville natale de Christophe (cf. note supra).
Henry Schelling est « tailleur du roi » ; il épouse une Française, Nicole Droit, qui donne naissance à 
*un fils, Henry Hilaire, qui de « tailleur du roi » passe à officier de hussards
*une fille, Françoise Nicole.

Si on admet que Christophe Schelling est né vers 1690, Henry Schelling a pu naître vers 1715 (avant la venue à Paris de la famille) et ses enfants vers 1745 (ce qui est cohérent avec la date de naissance d'Adam Weydlich). Quand Nicolas Chopin fait leur connaissance elle a donc plus ou moins 35 ans.

Note
*sources : il indique les suivantes : 
A.N. O1* 85, f° 47, O1* 227, f° 90 [>lettres de naturalité de Christophe et Henry Schelling]
A. SEINE. DC6 19 f° 36, DC6 25 f° 150 v° [>naissance de Henry Hilaire et de Françoise]


Michel Joseph Weydlich (né le 29 juillet 1783 à Marainville)
Sur le site des Archives départementales des Vosges (Marainville-sur-Madon, 1783, Registres paroissiaux, vue 23/36), on trouve l'acte de baptême d'un des enfants d'Adam et Françoise Weydlich : 

« Michel Joseph fils légitime du Sieur Adam Weydlich / Gentilhomme Polonais et Secrétaire de Son / Excellence Monseigneur le Comte Pac Grand Maréchal de la confédération / de Pologne* et Starosse* de ??????, et de Dame Françoise Nicole Schelling Son Epouse / Paroissiens de Marainville, y est né le vingt-neuvième / du mois de juillet sur les huit heures du Soir de / l’an mil sept cent quatre vingt trois le lendemain / il a été Baptisé il a eu pour parain le Sieur / Claude François le Maillot chevaillier Seigneur / de Pont, lieutenant de Nos Seigneurs les Maréchaux / de France*, pour Maraine Dame Elisabeth / Charlotte Retornat Epouse du Sieur Bizoir / rentier à Charmes qui ont signé avec moi / Prêtre et Curé* de Marainville. 
(signatures) Retornat Bizoir      Le Maillot de pont
                      A. Weydlich        J Noël* Curé de 
                                                     Marainville »

Notes (à venir)
*confédération de Pologne : ce qu'on appelle la Confédération de Bar, rébellion antirusse dirigée contre le roi (supposé russophile) Stanislas Auguste Poniatowski, ancien amant de Catherine II
*starosse : pour staroste
*lieutenant de Nos Seigneurs les Maréchaux de France : fonction dans l'organisation de la noblesse française (cf. notice Wikipédia)
*Prêtre et Curé : il distingue l'état (prêtre) de la fonction (curé, responsable de la paroisse) 
*J Noël : Jacques Noël est curé de Marainville de 1758 à la Révolution



Création : 28 mars 2013
Mise à jour : 16 mars 2014
Révision : 16 mars 2014




























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