mercredi 27 mars 2013

45 Adam Weydlich : Biographie détaillée

La biographie d'Adam Weydlich sur le site du Narodowy Instytut Fryderyka Chopina


Classement : questions biographiques ; proches de Nicolas Chopon




Ceci est une annexe de la page Adam Weydlich (1742-ca 1815).

On trouvera ci-dessous la traduction de la  version anglaise de la page Adam Jan Weydlich sur le site du Narodowy Instytut Fryderyka Chopina (NIFC, Institut national Frédéric Chopin), dont les auteurs sont  Piotr Mysłakowski et Andrzej Sikorski. Dans certains cas, je tiens compte de la  version polonaise (remarques entre crochets).

Traduction de la notice du NIFC
« Adam Jean Weydlich (né le 22 octobre 1742 à Świecie*, mort vers 1815)
La personne d’Adam Weydlich a joué un rôle crucial dans l’histoire de la famille Chopin ; il fut en effet responsable de l’émigration de Nicolas (en polonais Mikołaj) Chopin de France en Pologne et s’occupa de lui après son arrivée.
Adam Weydlich (parfois appelé inexactement Adam-Jean) venait d’une famille noble-bourgeoise* d’origine allemande installée en Prusse occidentale*. Son grand-père, Christoph von Weydlich, un noble allemand marié avec Anne-Marie, vivait à Pozořice, près de Brno en Moravie, aux alentours de 1700. Leur fils François [l’ancien] (né le 19 août 1694), ayant obtenu un certificat d’origine et de moralité, partit dans le monde chercher un l’emploi, et se retrouva en 1721 à Świecie, sur la Vistule, en Prusse occidentale, où on pense qu’il a travaillé comme administrateur de la paroisse [« administrator tamtejszej parafii »]. Là, il eut onze enfant de sa femme, Krystyna Beltz, notamment François le jeune (25 novembre 1738-après 1814), Adam et très probablement Casimir (vers 1750-12 février 1770). Par la suite, François le jeune enseigna l’allemand et le latin à l’Ecole des chevaliers* de Varsovie, tandis que Casimir fut un élève du Gymnase académique de Chełmno [« Chełmińskie Gimnazjum Akademickie »], et mourut jeune.

Adam Weydlich naquit à Świecie le 22 octobre 1742, et doit avoir acquis une éducation convenable, puisque, encore jeune homme, il vint en France (1770-1787) [d’abord] comme « secrétaire de l’envoyé polonais près du roi de France », Michał Wielhorski, ambassadeur de la Confédération de Bar à la cour de Louis XV. Il perdit sans doute cette situation quand la confédération prit fin (1772), surtout après que Wielhorski revint en Pologne. Weydlich resta en France parmi représentants en exil les plus éminents de la Confédération. En 1775, Louis XVI lui accorda un certificat de naturalisation [« dokument naturalizacyjny »], lui concédant à lui et à sa descendance, la citoyenneté française [« obywatelstwo francuskie »]*, en même temps que toutes les prérogatives de la noblesse. En 1777, Weydlich épousa une riche Parisienne, Françoise Schelling, et entra au service de Michał-Jan Pac, un des leaders de la Confédération, aussi exilé en France. En 1782, Weydlich devint régisseur du château et domaine de Marainville, près de Nancy en Lorraine, récemment acquis par Pac.

Au village de Marainville, l'histoire des Weydlich coïncida avec celle de la famille Chopin, étant donné que le syndic de communauté [« syndyk gminy »] était François Chopin, charron et carrossier de son état. Son grand-père, aussi (appelé) François, avait quitté le lointain Dauphiné dans les Alpes et s’était établi en Lorraine, fondant ainsi la branche lorraine de la famille Chopin (nom antérieurement écrit Chapin).
L’année où les Weydlich arrivèrent au château de Marainville avec l’entourage polonais du comte Pac, Chopin avait trois enfants : deux filles et un fils de onze ans, Nicolas. Les enfants Chopin furent rapidement admis dans les salles du château, et Madame Weydlich entreprit de compléter l’éducation du prometteur Nicolas. Quelques années après, en juin 1787, Michał-Jan Pac mourut inopinément à Strasbourg, et les Weydlich furent obligés de décider de leur avenir. Ils choisirent de revenir en Pologne, la patrie d’Adam Weydlich. Conscient qu’il resterait chargé des affaires financières pendantes de son défunt employeur pendant les années à venir, et voyant dans le brillant Nicolas Chopin, maintenant âgé de dix-sept ans, un possible assistant pour le traitement de ses affaires, Weydlich proposa que Chopin parte avec lui pour la Pologne.
Leur voyage vers Varsovie eut lieu en octobre-novembre 1787, mais Adam Weydlich avait probablement fait seul ce voyage auparavant, afin de préparer l’arrivée du reste de la famille et de Nicolas. Les Weydlich furent hébergés par le frère d’Adam, François, professeur à l’Ecole des Chevaliers, aussi connue comme « Ecole des Cadets » [« Szkoła Kadetów »] ; il leur laissa son appartement à la Maison de mission sur la [rue du] faubourg de Cracovie (registre foncier : n° 406, aujourd’hui, n° 1) et déménagea dans la partie résidentielle du « Pavillon des Cadets » dans l’enceinte du palais Casimir, qui servait de quartier général à l’Ecole des Chevaliers. Ceci est attesté par une liste de résidents datant de 1792, qui signale la plus ancienne adresse enregistrée [officiellement] que l’on connaisse à Nicolas Chopin en Pologne.
Cependant, un autre document fournit peut-être des informations sur les premières fortunes des Weydlich et de Chopin. Quelques mois après son arrivée à Varsovie Adam Weydlich créa au début du printemps de 1788, un pensionnat de jeunes filles dans une maison des frères Augustins sur Nowy Świat (registre foncier : n° 1259; aujourd’hui n° 33), où le jeune Français trouva aussi très probablement asile et emploi, étant donné qu’il vivait encore avec les Weydlich quelque quatre ans plus tard.
Aucun document n’a été découvert concernant l’histoire ultérieure de l’école de fille des Weydlich à Varsovie, mais elle a pu durer plusieurs années comme de nombreuses autres institutions de ce type à cette époque. Durant cette période, Nicolas Chopin, jusque là à la charge des Weydlich, prenait plus d’indépendance, occupant des postes de précepteur dans une succession de résidences nobles en Mazovie et dans la région de Dobrzyn.
Les Weydlich disparaissent des sources concernant Varsovie vers 1800, et leur destin ultérieur nous est aujourd’hui connu seulement par des informations clairsemées. Un élève du Lycée de Varsovie, Victor Malski, des environs de Grodno, écrivit dans un curriculum vitae qu’il avait auparavant reçu l’enseignement « de Weydlich en Galicie ». En 1817, une des filles des Weydlich, Salomé Malawska, écrivit un acte notarié concernant le reçu de bijoux laissés par sa défunte mère à Kutyszce. Enfin, vers 1822, le fils Weydlich, Michał (né en 1783 à Marainville), acheta le domaine de Skotyniany, près de Kamenets Podolski, et en 1826, fournit des preuves de sa noblesse dans la province russe de Podolie.

Selon des documents soumis à la Députation de la Noblesse de la province de Podolie, François l’ancien était devenu officier [« porucznik/kapitan », « lieutenant/capitaine »] dans l’artillerie du Grand-duché de Lituanie, recevant pour ses services du roi Auguste III des terres dans la région de Vilnius. Il revendit ce domaine au duc Michał « Rybeńka » Radziwiłł, recevant la première tranche de paiement en 1762. Après la mort du duc, la dette restante devait être payée par le fils du duc, Karol « Panie Kochanku » Radziwiłł, voïvode de Vilnius, mais il en retarda le paiement, et les héritiers de François, ses fils François le jeune et Adam, l’attaquèrent en justice. Ils gagnèrent leur procès en 1764, mais la somme concernée n’avait pas encore été payée en 1830.
Les documents présentés au tribunal traitaient les deux Weydlich comme des nobles, ce qui contredit des références ultérieures à François le jeune (professeur à l’Ecole des Chevaliers), où il semble être tenu pour bourgeois. Des descendants de François l’ancien sont aussi tenus à Swiecie pour « famati » ou « honorati » (termes qui s’appliquent à l’ordre bourgeois*), ce qui paraît surprenant si on considère l’office dans l’artillerie lituanienne décrit ci-dessus.

Adam et Françoise Weydlich moururent avant 1815 en un lieu non connu, en Galicie ou en Podolie russe. Ils eurent pour enfants :
*Henryka (née à Paris en 1778) 
*Michał-Józef-Karol (né à Marainville en 1783), qui épousa Klara Modzelewska (de la branche nobiliaire Trzywdar), et dont les descendants vivent encore aujourd’hui ;
*Salomé (née à Varsovie le 5 novembre 1788, décédée après 1817), épouse d’Andrzej Malawski ;
*Marianna, signalée en 1817 comme veuve d’un certain Jan Zienkiewicz.


Ajoutons qu’en 1844, dans son éloge funèbre en l’honneur de Nicolas Chopin, son ancien élève, l’évêque Jan Dekert, dit entre autres de son professeur, que celui-ci était arrivé à Varsovie « en compagnie d’une respectable dame, à l’égard de laquelle il remplit des devoirs filiaux jusqu’à la mort de celle-ci ». C’est une allusion à Mme Françoise Weydlich et à son rôle majeur dans la formation du destin de Nicolas/Mikołaj Chopin.

Bibliographie
*Piotr Mysłakowski, Rodzina ojca Chopina. Migracja i awans [La famille du père de Chopin. Migration et promotion sociale], Varsovie, 2002.
*Piotr Mysłakowski and Andrzej Sikorski, Chopinowie. Krąg rodzinno-towarzyski [Les Chopin. Leur famille et leur entourage], Varsovie, 2005.
*Wanda Jóźwiak, My z Podola. Saga rodzinna [Nous de Podolie. Une saga familiale], Cracovie, 1993. »
Piotr Mysłakowski et Andrzej Sikorski (juillet 2006)

Notes
*Świecie : à 100 km au sud de Gdansk, entre Grudziadz et Chelmno
*noble-bourgeoisenoble burgher, szlachecko-mieszczańska (?)
*Prusse occidentale : ou « Prusse royale », région située au sud de Dantzig, relevant jusqu’en 1772 du royaume de Pologne
*Pozořice (la page NIFC indique de façon erronée Pozožice) : village situé à environ 10 km à l'est de Brno 
*Moravie : alors dans l’Empire d’Autriche 
*Ecole des ChevaliersSzkoła Rycerska
*dokument naturalizacyjnyobywatelstwo francuskie : il s'agit d'interprétations à usage pédagogique des auteurs ; les « lettres de naturalité » délivrées par le roi de France ne confèrent aucune « citoyenne »
*ordre bourgeois : burgher estate, stan mieszczański



Création : 27 mars 2013
Mise à jour : 16 mars 2014
Révision : 16 mars 2014




























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