lundi 26 août 2013

101 Bernard Gavoty 2 Chopin (1973) : étude du chapitre 1

Quelques informations à propos du livre de Bernard Gavoty Frédéric Chopin : étude du chapitre 1


Classement : questions biographiques ; écrits sur Chopin





Ceci est la suite de la page Bernard Gavoty 2, consacrée à son ouvrage intitulé Frédéric Chopin (Bernard Grasset, 1973).

J’étudie ci-dessous le chapitre intitulé « Mazovien, corps et âme », dont le texte est reproduit sur une page spécifique.

Plan de la page
*vue d’ensemble du chapitre
*analyse
*commentaires


Vue d’ensemble

Le titre
L’expression-titre « Mazovien, corps et âme » apparaît dans le texte (page 20).
On ne peut pas dire que ce titre soit parfaitement approprié, dans la mesure où la question du patriotisme polonais de Chopin tient une place limitée dans le chapitre.

1) Pages 17-20
Gavoty commence en citant (intégralement) la lettre de 1790 de Nicolas Chopin à ses parents, puis évoque la famille Chopin de Lorraine, et examine les motifs du départ de Nicolas Chopin.

2) Pages 20-22
Présentation de l’histoire de la Pologne du Xème au XVIIIème siècle (insurrection de Kosciuszko), un peu trop elliptique pour être satisfaisant (participation de Nicolas Chopin à l’insurrection)

3) Pages 22-25
Développements sur l’histoire religieuse de la Pologne, sur la vie intellectuelle à la fin du XVIIIème siècle, avec quelques notations concernant Nicolas Chopin.

4) Pages 25-32
L’auteur traite ici de la vie de Nicolas Chopin entre 1794 et 1810, évoquant au passage la création du duché de Varsovie, puis le passage au royaume de Pologne


Analyse

A) Les développements historiques
On peut les classer en deux catégories : les périodes antérieures à l’arrivée de Nicolas Chopin en Pologne ; les périodes contemporaines de sa présence

1) périodes antérieures (21 et 24)
Gavoty évoque l’histoire politique et religieuse de la Pologne, remontant aux origines ; ces développements ne paraissent ni tout à fait appropriés, ni très précis.

2) périodes contemporaines de Nicolas Chopin

*les partages de la Pologne (22)
« A la faveur de ce partage [1772], Frédéric le Grand* reprend la Prusse occidentale et toute la partie nord de la grande Pologne. L’Autriche s’approprie la Galicie et la Russie occupe le vaste territoire qui s’étend en-delà de la Duna et du Dnieper. Les partages de 1793 et 1795 aggraveront encore les amputations. A la fin de l’année 1795, le dernier roi de Pologne* abdiquera à Grodno et s’en ira mourir en Russie. Après huit siècles d’une histoire souvent glorieuse, la Pologne des Piast et des Jagellons a disparu »
Aperçu assez rapide, mais suffisant.

*l’insurrection de 1794
Elle est mentionnée de façon elliptique : « du moins l’honneur du pays est-il sauvé par l’insurrection à la tête de laquelle Kosciuszko* s’illustre » (22), avant que soit évoquée la participation de Nicolas Chopin.

*la Pologne à la fin des années 1780
« L’occupation russe* coïncide en effet avec une étonnante floraison intellectuelle et artistique. En dépit de l’oppresseur, un vent de liberté a soufflé sur le pays. » (23)
Cette phrase se réfère à la période où Nicolas Chopin arrive en Pologne. Il simplifie de façon excessive en parlant de « l’occupation russe », oubliant les « occupations » autrichienne et prussienne ; en ce qui concerne la Pologne encore indépendante, on peut seulement parler de « domination russe ».
L’expression « vent de liberté » il évoque sans doute la période de la Diète de Quatre ans où justement la domination russe est la plus faible, suscitant l'illusion d'une libération du pays (constitution de mars 1791).

*la Pologne en 1794
« L’épreuve de l’occupation russe ne fait que rendre plus exigeant le sens patriotique, considéré comme une seconde religion » (25)
Cette formulation apparaît dans un passage daté de 1794, période postérieure au second partage.

*l’intervention de Napoléon en Pologne (29)
Ce passage a une tonalité antinapoléonienne qui paraît un peu excessive (« Son arrivée en Pologne était de mauvais augure, nul n’ajoutant foi à ses promesses »). Il attribue du reste à Nicolas Chopin une attitude de ce type, sans la justifier par quelque preuve que ce soit.
Il est clair que ce passage aurait mérité un développement plus conséquent que les quelques faits peu expliqués : 
Comment un non initié peut-il comprendre l’énoncé « La paix de Vienne*, conclue le 14 octobre 1809, ne donnera pas davantage l’entière satisfaction escomptée – les Russes devant refuser la restitution de tous les territoires subtilisés à la Pologne en 1795 » ?

*la fin du duché de Varsovie (31-32)
Là encore, c’est un peu simpliste (« dans tous les foyers polonais couvent des projets de revanche contre l’occupant maudit »). Gavoty ne tient pas compte de l’évolution des relations polono-russes entre 1815-1818, période où le tsar Alexandre est plutôt bien considéré, et la fin de son règne où les tensions apparaissent et se développent, sans parler du début du règne de Nicolas 1er.


B) Les développements biographiques
Bernard Gavoty reprend les éléments traditionnels, en tenant compte des éléments d’information les plus récemment parus :

*origines de Nicolas Chopin
Gavoty insiste sur les origines lorraines, évoquant rapidement l’hypothèse Szop :
« Certains Polonais désireux de s’annexer complètement Chopin ont prétendu que ses ancêtres polonais, « Szop », seraient venus en Lorraine avec Stanislas Leczinski. Cette hypothèse, jadis soutenue par Wanda Landowska*, est aujourd’hui abandonnée. » (19)

*sa formation
Gavoty évoque un « un brevet d’études secondaires » (20)

*les causes de son départ
« Habitué à vivre en milieu polonais, peu tenté par l’héritage du métier paternel, rendu ambitieux par le succès de ses études classiques, sans doute avait-il tout naturellement suivi Weydlich quand celui-ci, aux approches de la Révolution française, regagna la Pologne ? » (20)
« les cadets de famille s’expatriaient volontiers dans le but, souvent illusoire, de faire fortune ailleurs » (20)

*le travail à la manufacture de tabac
Il reprend ici les énoncés habituels : « Dès son arrivée à Varsovie, il s’est lié avec un compatriote qui gère une petite manufacture de tabac » (26) et « Le soulèvement de 1793 aura pour conséquence la fermeture de la fabrique. S’il a gagné dans la bataille des rues des galons d’officier, Nicolas a perdu son gagne-pain »

*la participation à l’insurrection de 1794
« Nicolas Chopin, arrivant à Varsovie en 1788, tandis que ces événements s’accomplissent, a pris part au soulèvement de Kosciuszko. Un hasard le fait échapper à la mort. Sa compagnie, commandée par le cordonnier Kilinski, a été appelée des avant-postes dans le centre de la ville, avant l’attaque et le massacre du faubourg de Praga. Ainsi donc, pris entre deux feux, ou deux risques – celui de se voir appelé sous les drapeaux français, celui de combattre en volontaire dans les rangs d’une puissance étrangère – il a choisi le second. Etrange instinct d’un Français, devenu polonais de cœur, au point d’en oublier son pays natal ! » (22-23)
Le commentaire que fait Gavoty sur l’attitude de Nicolas Chopin, mettant en parallèle sa méfiance d’un enrôlement dans l’armée française en 1790 et son rôle dans la Garde nationale de Varsovie en 1794 est tout à fait idéaliste : en 1790, il est extérieur à la situation française, en 1794, il est à l’intérieur de la situation polonaise ; la différence de point de vue qu’il exprime résulte d'abord de cela : rien ne prouve que resté en France, il n’aurait pas été patriote.

*les tentatives de retour en France
« à deux reprises, il imagine de rentrer en France ; par deux fois, une maladie bénigne le contraint à rester sur place. »

*le préceptorat chez les Laczynski
RAS

*le préceptorat chez les Skarbek
RAS

*le mariage avec Justyna et ses suites
« secrètement flatté d’épouser une « aristocrate », il n’a point cherché à dissimuler l’humilité de ses origines » (28)
Cet énoncé semble un peu contradictoire ; des sources seraient bienvenues.

*la nomination au lycée de Varsovie
RAS

*la pension créée par les Chopin
RAS


Commentaires

Partie historique : Gavoty laisse passer quelques erreurs ou approximations plus ou moins graves (« Pétrograd », « l’occupation russe ») ; d’une façon générale, si la place lui était comptée, il me semble qu’il aurait mieux valu abréger l’histoire générale de la Pologne et présenter de façon plus précise et plus didactique les événements à partir de 1772.

Partie biographique : on note aussi quelques erreurs et imprécisions (cf. notes sous le texte du chapitre). Par ailleurs, les interprétations proposées par Gavoty sur l’itinéraire de Nicolas Chopin sont parfois peu appropriés ; l’absence quasi complète de références est un autre élément négatif.



Création : 26 août 2013
Mise à jour : 13 octobre 2013
Révision : 13 octobre 2013




























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