lundi 9 septembre 2013

104 Tadeusz Zielinski 2 Chopin : le texte du prologue

Quelques informations à propos de l’ouvrage de Tadeusz Zielinski consacré à Chopin : le texte du chapitre « Prologue »


Classement : Biographie, Nicolas Chopin





Ceci est la suite de la page Tadeusz Zielinski biographe de Chopin, consacrée à cette personnalité du monde musical polonais et à son ouvrage intitulé Frédéric Chopin, paru aux éditions Fayard en 1995? traduit d’un ouvrage polonais paru en 1993;

Je reproduis ici le texte du chapitre « Prologue », qui sera étudié sur une page spécifique. Ce texte inclut deux notes de l’auteur (reproduites après le texte).

Les astérisques sont des appels de notes de ma part (en bas de page).
Je mets en valeur (en gras) les passages notables.


Texte

« Page 9

Prologue

Un jour d’automne de 1787, un garçon de seize ans, mince, aux cheveux noirs, l’allure d’un étranger, arrivait à Varsovie avec un petit groupe de voyageurs. Il venait de France et se nommait Nicolas Chopin. En descendant de la voiture, il observait la ville inconnue avec curiosité, se demandant sans doute combien de temps il y resterait et ce que l’avenir lui réservait. Il ne savait pas qu’il ne reverrait plus jamais son pays natal. Et il ne soupçonnait pas le moins du monde que ce voyage qui l’avait mené à bon port, ainsi que les motifs qui l’avaient poussé à l’entreprendre, feraient un jour l’objet de recherches savantes (1).
Il était né le 15 avril 1771, dans le village de Marainville, en Lorraine, province liée avec le pays où il arrivait. En 1736, contraint d’abdiquer en Pologne, le roi Stanislas avait obtenu de son gendre, le roi de France Louis XV, la possession perpétuelle du duché de Lorraine* qu’il gouverna pendant trente ans jusqu’à sa mort. Il est resté dans la mémoire de ses sujets comme « le bon roi Stanislas »* ; sous son règne, la capitale de la Lorraine, Nancy, connut son plus grand

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épanouissement : il y fit édifier un ensemble architectural célèbre jusqu’à nos jours et y fonda un important centre scientifique, l’académie Stanislas ; en outre, il créa à Lunéville tout proche une académie de chevalerie, destinée à accueillir et à former les nombreux Polonais qui avaient accompagné le roi en Lorraine*.
Étendu en demi-cercle autour d’un château Renaissance, le village de Marainville appartenait alors au comte de Rutant, chambellan de Leszczynski*. Lorsque son propriétaire mourut sans enfant en 1779, les héritiers de son épouse décidèrent de vendre le château. Il fut acquis un an plus tard, sur les conseils de Louis XV, par un aristocrate polonais, le comte Michal Pac*. Ce grand seigneur, proche d’abord de Leszczynski et partisan de sa politique, devint, en 1768, l’un des chefs de la confédération de Bar, dirigée contre le roi Stanislas Auguste Poniatowski et contre son attitude de soumission à la Russie. Après la défaite de la confédération en 1772 et le premier partage de la Pologne, le comte Pac se rendit en France, où il établit des liens étroits ave la cour de Louis.
Entré en possession du château et du village de Marainville, Pac confia l’administration des ses nouveaux biens à son intendant Jan Adam Weydlich*, arrivé de Pologne. C’est ici que commence l’histoire qui nous intéresse.
À cette époque, le syndic de la commune, représentant les habitants auprès du seigneur*, n’était autre que François Chopin*, forgeron de son état, propriétaire d’une vigne et père de trois enfants : un fils et deux filles. Le fils, Nicolas, âgé alors de neuf ans, se distinguait par une vive intelligence et une grande sensibilité, qui attirèrent l’attention de Weydlich et de sa femme, lesquels se prirent d’amitié pour le garçon et décidèrent de s’occuper de son éducation. Le père dut assurément considérer ce geste de la part du fondé de pouvoirs du comte comme une marque d’honneur. Grâce aux bons soins des Weydlich, Nicolas suivit à Nancy un enseignement élémentaire et des cours de comptabilité (l’intendant de Pac projetait certainement d’en faire son employé) ; il commença également – compte tenu de ses aptitudes – à apprendre la musique.
Plusieurs années s’écoulèrent et la distance entre le garçon et sa famille ne cessa de croître. Malgré ses sentiments filiaux naturels (dont il devait par la suite donner des preuves), l’éducation reçue, ses nouveaux horizons intellectuels et la fréquentation des familiers du comte Pac n’avaient sans doute pas manqué de faire naître en Nicolas des aspirations bien différentes de celles que lui permettait sa naissance. La perspective de

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retourner au village et de cultiver la vigne paternelle ne l’attirait plus du tout
, même s’il était le fils unique et l’héritier attendu de la ferme des Chopin ! Depuis longtemps, son père regardait d’un mauvais œil l’éloignement croissant de son fils de la vie et des habitudes familiales. Le conflit devenait inévitable.
Le moment critique survint en 1785 ; Le comte Pac avait décidé de vendre les terres de Marainville et le château à un Français proche de la famille de l’ancien propriétaire. Cette vente annonçait le retour d’Adam Weydlich en Pologne. Nicolas Chopin qui, depuis l’enfance, était très lié avec l’entourage du comte polonais et le couple Weydlich, mettait en eux tout son espoir d’avancement social et intellectuel. Les Weydlich lui promirent des facilités d’installation dans leur pays. Quel avenir l’attendait à Marainville ? il décida – seul – de partir avec eux (il était inutile de compter sur l’accord et la bénédiction de son père). Vers la fin de l’année 1787, après avoir rangé son violon, sa flute et quelques livres de Voltaire dans ses bagages, il entama le long et harassant voyage de Varsovie, deux ans à peine avant l’éclatement en France de la grande Révolution.
Après son arrivée en pays inconnu, le jeune Français, confié aux bons soins de Weydlich, resta encore un certain temps au service de Pac, qui possédait des domaines en Pologne. Il envoyait des lettres affectueuses à Marainville afin d’adoucir les rapports avec sa famille, mais ses missives restaient sans réponse*. Weydlich également s’efforçait de maintenir le contact avec le père de Nicolas, d’autant que le comte Pac avait encore des affaires non réglées en Lorraine.
A l’automne 1790, Nicolas envoya à la maison une nouvelle lettre*, dont le manuscrit a été conservé 1 [Nous avons gardé l’orthographe et la disposition générale de l’original.]


« Mon cher Père et ma chère Mère,
Dans l’incertitude où je suis que mes lettres vous soyent parvenues je ne vous écris que deux mots seulement pour m’informer de l’état de votre santé et vous prouver mon respect et mon attachement. Depuis deux ans passés je n’ai point de vos nouvelles, je ne sais à quoi l’attribuer, cependant chers Parents mon éloignement ne fait qu’augmenter mon respect envers vous en me faisant connaître de quel bonheur je suis privé d’être si longtemps

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sans vous voir et sans recevoir aucune de vos nouvelles. Comme Madame Weydlich vous a écrit aussi plusieurs lettres en vous chargeant de vous informer au sujet de ses affaires à Strasbourg aux quelles vous n’avés pas répondu. Je vous dirai que Nous savons bien que Mr Malard est payé mais que nous ne savons pas s’il a touché de l’argent pour les créanciers. Comme les affaires avec Monsieur Le Comte Pac ne sont pas encore finies et qu’il demande une rendition des comptes de la terre de Marainville fait que j’étois sur le point de partir pour Strasbourg pour finir les dittes affaires au nom de Monsieur Weydlich. Mais comme nous avons appris que la France n’était pas encore tranquille par les révolutions qui s’y sont faites a été cause que mon voyage a été différé mais cependant je crois partir sous peu de temps car M. Weydlich s’est déjà arrangé avec un Banquier qui ne tardera pas à partir pour la France. Cependant avant que je parte je vous prie de m’informer si la milice n’est pas plus stricte qu’elle était car on nous dit que tous les jeunes garçons depuis l’âge de dix-huit ans sont tous soldats c’est ce que nous sommes curieux de savoir, car étant dans un pays étranger comme j’y suis et où je peux faire mon petit chemin, je ne pourrais le quitter qu’avec regret pour me rendre soldat quoique dans ma patrie vu que M. Weydlich n’a que trop de bontés pour moi et dont j’en prévois les suites heureuses. Je vous prie donc chères Parens de me faire réponse le plus tôt possible pour que je puisse partir en toute sûreté et jouir du bonheur de vous voir ainsi que tous mes chers parents. J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect
Cher Père et chère Mère de vos enfant votre très humble et très obéissant fils.

A Varsovie
Ce 15 7bre
1790
Monsieur et Madame Weydlich vous font bien des complimens et vous prie d’assurer Monsieur le Curé de leur respect. Je vous prie de lui assurer aussi de ma part.

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J’embrasse mes sœurs de tout cœur ainsi que tout mes parens et amis.
Je vous donne mon adresse de crainte que la lettre ne soit égarée car je ne puis concevoir que depuis deux ans passés je n’aye reçu aucune Lettre dont voici
A Monsieur
Monsieur Chopin                  Pologne
Par Dresde à Varsovie
en Pologne
poste restante »

Mais Nicolas n’effectua pas le voyage « d’affaires » en question au service de Pac et de Weydlich. Comme l’indique sa lettre, il craignait beaucoup, s’il s’absentait momentanément, d’être empêché de rentrer en Pologne, où il avait commencé à s’installer et où il se sentait bien. Les liens avec le pays de son enfance s’affaiblissaient d’année en année, d’autant que ses parents ne lui donnaient aucun signe de vie : ils avaient de toute évidence renié ce fils rebelle et ingrat à leurs yeux. Bien des années plus tard, à la mort du père, en 1814, la ferme fut partagée entre les filles, et dans l’acte officiel* établi à cette occasion, on peut lire une phrase d’où il ressort que les deux sœurs considéraient leur frère comme décédé.
Ayant perdu tout contact avec la maison paternelle, le jeune Lorrain s’enracinait de plus en plus durablement dans la Varsovie de l’époque de Stanislas Auguste. Il commença par travailler comme comptable dans une fabrique de tabac, dirigée par un Français*. Durant ces années, les nouvelles qui lui parvenaient de sa lointaine patrie, embrasée par le feu de plus en plus violent de la Révolution, l’intéressaient assurément, mais il devait se sentir sans nul doute plous bouleversé par les événements dramatiques qui, au même moment, se déroulaient sous ses yeux.
Le pays qui l’avait accueilli vivait des instants d’une immense portée : ses habitants nourrissaient l’espoir de le voir se relever de son déclin, devenu proverbial en Europe. Le nouvel épanouissement culturel et artistique s’accompagnait d’une volonté générale de réformer radicalement le régime de la Respublica* et d’assurer l’indépendance du pays par rapport à la

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Russie, car après une amputation de son territoire par ses envahisseurs en 1772*, la Pologne était devenue totalement dépendante de sa puissante voisine. Lorsque le tout jeune Nicolas Chopin arriva en Pologne, la Grande Diète délibérait à Varsovie. Ses travaux aboutirent le 3 mai 1791 à la proclamation d’une constitution qui symbolisait pour les Polonais la renaissance et l’indépendance nationales présentes mais également à venir. Cette constitution – la première du genre en Europe, antérieure à la constitution de la France révolutionnaire* – représentait un grand pas sur la voie de la démocratie moderne : elle instituait une large égalité de droits entre les bourgeois et les nobles, prenait la défense des paysans exploités. Une nouvelle loi éliminait également la tare fondamentale du système en vigueur, à savoir l’insubordination incontrôlée de la noblesse qui menait à l’anarchie (en particulier à travers le fameux « liberum veto »). La constitution rétablissait enfin un pouvoir d’Etat fort et, le plus important, recommandait la création d’une armée permanente et nombreuse.
Le roi Stanislas Auguste Poniatowski, enhardi par une alliance et un traité d’assistance mutuelle en cas d’agression conclus avec la Prusse, avait décidé de s’affranchir de la tutelle de Catherine II, impératrice de Russie, et d’appuyer les réformes postulées par la Diète. La constitution fut proclamée. A vingt ans, le Lorrain put donc assister à un spectacle extraordinaire : des milliers de personnes, pressées sur la place du Château, entourèrent le monarque à sa sortie du parlement et l’accompagnèrent jusqu’à la cathédrale en criant : « Le roi avec la nation, la nation avec le roi ! » Aucune des personnes présentes ne doutait un instant qu’un grand tournant, heureux et irréversible, venait de se produire dans la vie du pays.
Hélas, l’illusion fut de courte durée. L’année suivante, après s’être entendue avec une poignée de grands seigneurs, mécontents des transformations constitutionnelles, qui avaient formé ce que l’on appela la confédération de Targowica, Catherine II décida d’intervenir militairement. La Pologne n’avait pas encore eu le temps de mettre complètement sur pied l’armée projetée, et la Prusse, perfide, non seulement n’apporta pas l’aide promise, mais s’allia de manière inattendue avec la Russie. La résistance polonaise fut brisée ; rappelé de nouveau à « l’obéissance », le roi rejoignit Targowica* et annula toute les réformes qui avaient été votées. Pour punir l’audace de la

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constitution du 3 mai et sa tentative de guérir l’Etat, les vainqueurs infligèrent en 1793 à la Pologne un second partage : la Russie et la Prusse annexèrent de nouvelles provinces ; la superficie de la Pologne se réduisit au tiers du territoire qu’elle possédait avant 1772.
Cette même année 1793, le propriétaire de la fabrique où travaillait Chopin liquida ses affaires et quitta le pays*. Nicolas pensa lui aussi un moment à rentrer en France – il aurait même, dit-on, retenu une place dans la diligence – mais il tomba malade et dut renoncer à son projet. Il ne semble pas, toutefois, qu’il ait éprouvé au fond de son cœur un grand désir de quitter le pays auquel il avait eu le temps de s’attacher, alors même que celui-ci était menacé par une catastrophe imminente. Le premier prétexte venu avait suffi pour qu’il renonçât à son projet. Profondément engagé dans le cours des événements, il décida de rester coûte que coûte.
Pour défendre la constitution abolie et la souveraineté de l’Etat, une insurrection nationale éclata en Pologne en 1794, sous la direction de Tadeusz Kosciuszko, contre l’occupation de pays par les armées de Catherine II. Alors qu’à peine quatre ans auparavant il hésitait à rentrer en France par crainte d’être enrôlé dans l’armée, Nicolas, emporté à présent par l’élan général, s’engagea dans la Garde nationale de Varsovie, qui sous le commandement de Jan Kilinski*, chassa les troupes étrangères de la capitale. Après quelques mois de service, il était promu capitaine.
Malgré les premières victoires, les forces de l’armée insurrectionnelle faiblirent peu à peu, cédant à la suprématie des armées russes et des armées prussiennes, qui avaient attaqué par l’ouest. Dans les derniers jours de la résistance, le capitaine Chopin participa à la défense du quartier de Praga contre les assauts de l’armée de Souvorov. Dans la nuit du 4 novembre, sa division reçut l’ordre de se retirer sur la rive gauche de la Vistule et de remettre le poste qu’elle défendait à un autre détachement. Cette manœuvre lui sauva la vie. Le lendemain, Souvorov conquit Praga et massacra non seulement la garnison, qui défendait cette partie de la ville, mais aussi des milliers d’habitants.
Cette défaite entraina, en 1795, le troisième partage de la Pologne – cette fois de tout son territoire – entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. Le roi dut abdiquer, l’Etat polonais cessa

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d’exister et le pays disparut de la carte de l’Europe. Varsovie ainsi que les terres situées à l’ouest de la capitale furent rattachées à la Prusse. Les puissances copartageantes signèrent cet accord « au nom de la Sainte-Alliance », justifiant leur décision par une prétendue incapacité des Polonais à se gouverner eux-mêmes.
L’effondrement du pays où, huit ans auparavant, le jeune homme originaire de Marainville avait décidé de s’installer, ne le poussa pas cette fois non plus à partir. Bien des années plus tard, il affirmerait qu’une brusque maladie avait contrecarré par deux fois son intention de quitter la Pologne ; y voyant un signe du ciel, il s’était bien gardé de s’opposer à ses décrets et avait décidé de ne plus renouveler ces tentatives. En fut-il réellement ainsi ? Il semble tout simplement que son intention de partir – si elle exista jamais – ne fut à aucun moment assez forte pour être réalisée*. Les liens étant rompus avec sa famille, l’enracinement de plus en plus profond du jeune homme (devenu à présent un homme mûr) dans son nouveau milieu, sa vie et ses coutumes, emportèrent la décision. Le temps accomplit son œuvre : le processus de sa polonisation s’avéra irréversible. Nicolas devint Mikołaj, et il ne devait plus jamais quitter le pays où sa jeune personnalité s’était formée. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit de souligner son origine française dans son entourage. Son nom aux consonances étrangères – phénomène assez répandu dans l’intelligentsia polonaise – ne posait à cet égard aucun problème*.
Son assimilation, cependant, ne signifiait pas que le jeune homme restât indifférent à la culture de son ancienne patrie. Au contraire : c’est précisément au cours des moment difficiles vécus dans la Varsovie « prussienne » que Mikołaj* Chopin  s’efforça de compléter de manière systématique ses faibles connaissances sur la littérature française, tout en étudiant en même temps la littérature polonaise (2). Il était poussé non seulement par un besoin naturel et des ambitions intellectuelles innées, mais aussi parce qu’il avait décidé d’embrasser le métier de précepteur dans les familles polonaises cultivées. La connaissance du français et celle de l’allemand, acquise dans sa Lorraine natale* constituaient en l’occurrence un atout précieux, susceptible d’être exploité et développé ; les familles aristocratiques recherchaient en effet des enseignants de qualité. Ses

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relations étroites avec la famille Pac introduisirent le rejeton des paysans lorrains dans les salons des familles titrées. Sans cacher son origine française, Chopin préférait néanmoins passer sous silence son extraction paysanne ; aussi se disait-il généralement natif de Nancy.
A la fin des années quatre-vingt-dix, il trouva la place rêvée chez la veuve du staroste Maciej Łączyńska, qui avait péri au cours de l’insurrection de Kościuszko ; Mikołaj l’avait connu à l’armée, pendant les combats. Il fut donc engagé en qualité de précepteur et d’éducateur par Ewa Łączyńska, qui vivait dans le domaine de Czerniewo, près de Kiernozia (au nord de Łowicz)*, pour s’occuper de quatre enfants – deux garçons et deux filles ; la plus jeune, Maria, née en 1789, passerait bientôt dans l’histoire sous le nom de Mme Walewska, en raison d’une liaison avec Napoléon.
En 1802, une amie de la comtesse Łączyńska, la comtesse Ludwika Skarbek*, de Żelazowa Wola, près de Sochaczew, s’intéressa aux talents pédagogiques de Mikołaj Chopin et souhaita l’engager comme précepteur pour ses cinq enfants, en particulier pour son fils ainé, âgé de dix ans. La veuve du staroste donna son accord et le maitre nouvellement engagé rejoignit son poste dans un petit manoir paisible d’un étage, entouré de saules et de marronniers pittoresques, au bord de la petite rivière Utrata. La comtesse Ludwika dirigeait seule Żelazowa Wola, car son époux Kacper Skarbek*, fêtard et dissipateur avait fui à l’étranger pour échapper à ses créanciers, sans se soucier le moins du monde du sort de sa femme et de ses enfants. Dans ces circonstances, la comtesse avait entamé une procédure de divorce, qui lui avait permis de se désolidariser des dettes de son mari.
Au moment où Mikołaj vin s’y installer, le domaine de Żelazowa Wola était tenu par des femmes : outre la maitresse des lieux, une parente pauvre à elle, orpheline, Tekla Justyna Krzyżanowska, s’occupait des affaires de la maison. Excepté les domestiques, l’unique représentant du sexe masculin était le fils ainé, Fryderyk, âgé de dix ans. C’était surtout de lui que Mikołaj Chopin devait s’occuper.
Fryderyk Skarbek, futur économiste de renom, historien (auteur de l’Histoire du duché de Varsovie), militant social, était également romancier et dramaturge. Il évoquerait ainsi dans ses Mémoires, publiés beaucoup plus tard, son précepteur de

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l’époque, devenu ensuite son ami : « Il n’était ni un émigré ni un pédant, comme l’étaient à l’époque la plupart des précepteurs français, qui imprimèrent une orientation si peu nationale à l’éducation de la jeunesse polonaise […]*. Il n’était imprégné ni des principes d’une liberté républicaine excessive, ni de la tartuferie des émigrés français, il n’était pas non plus royaliste, rempli d’une vénération idolâtre pour le trône et l’autel, mais il était un homme moral et honnête, qui se consacrait tout entier à l’éducation des jeunes Polonais, sans jamais chercher à les transformer en Français ou à leur inculquer les principes en vigueur en France. […] Par son long séjour dans notre pays, par ses rapports d’amitié avec des familles polonaises et surtout par son mariage avec une Polonaise – donc par des liens conjugaux et paternels – il devint réellement un Polonais et dans son âge avancé connut la joie d’être unanimement respecté en tant que professeur émérite des écoles publiques. »
C’est seulement au bout de quatre années passées à Żelazowa Wola que Chopin se décida à épouser la Polonaise en question – ce ne fut donc sans doute pas un « coup de foudre ». Née en 1782 à Długie, près d’Izbica, en Couyavie, mademoiselle Justyna Krzyżanowska (filleule de Justyna et d’Eugeniusz Skarbek*), intendante particulièrement douée, gérait de manière irréprochable la maison et le domaine de Ludwika Skarbek ; sa chaleur et sa bonté durent finalement attirer l’attention du jeune célibataire, auquel elle-même ne resta pas indifférente. Outre les repas pris en commun – à table, ils prenaient toujours place l’un en face de l’autre –, la musique les rapprochait également ; la demoiselle jouait du piano et chantait d’une agréable voix de soprano ; Mikołaj sortait parfois son violon ou sa flûte et tous deux interprétaient les mélodies populaires à l’époque en Pologne. Au bout de quatre ans, Justyna et Mikołaj décidèrent de se marier, avec la bénédiction (et peut-être même à l’instigation) de la bienveillante Ludwika Skarbek.
La cérémonie eut lieu le 2 juin 1806 à Brochów, situé non loin de Żelazowa Wola. Mikołaj avait alors trente-cinq ans et Justyna vingt-quatre. La comtesse fit loger les jeunes mariés dans l’un des deux pavillons du manoir – un bâtiment composé d’un rez-de-chaussée, que l’on peut voir encore aujourd’hui. Leur union devait se révéler particulièrement harmonieuse et heureuse.
Pendant ce temps, la grande bourrasque de la guerre, venue

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de l’ouest, gagnait la Pologne. Désireux d’en finir définitivement avec la coalition de ses ennemis et d’instaurer du même coup un ordre nouveau en Europe, Napoléon lança une attaque impétueuse contre les trois puissances qui occupaient la Respublica*. Les Polonais, qui n’arrivaient toujours pas à admettre la disparition de leur pays et considéraient cet état des choses comme provisoire, voyaient déjà en Napoléon un sauveur imminent et providentiel. Des légions polonaises* combattaient depuis plusieurs années aux côtés de la France. Après avoir pris Vienne et mis en déroute les armées autrichiennes et russes à Austerlitz, à la fin de 1805, l’empereur vainquit les Prussiens à Iéna et occupa Berlin l’année suivante. Son armée victorieuse entra en Pologne et Napoléon en personne était à Varsovie dès décembre 1806.
Durant cette période troublée, la comtesse Skarbek avec ses enfants, Justyna et Mikołaj Chopin, partirent pour Varsovie ; en effet, les mouvements incessants des troupes prussiennes, françaises et polonaises à proximité de Żelazowa Wola la dissuadèrent de demeurer plus longtemps dans un manoir à la campagne ; elle voulait également retrouver son fils, qui suivait les cours du lycée de Varsovie.
En janvier 1807, en présence de Napoléon et en son honneur, le Théâtre national présenta l’opéra de Józef Elsner, Andromède, dans lequel l’héroïque Persée, en sauvant une vierge du danger, devait symboliser le vainqueur libérant la Pologne opprimée. Ce spectacle illustrait bien les sentiments de la majorité des Polonais, qui avaient accueilli avec un enthousiasme vibrant le vainqueur de l’envahisseur prussien. Sceptique, Mikołaj Chopin ne partageait pas ces opinions ; il considéra dès le début d’empereur des Français avec une grande réticence, dont il ne se départit guère jusqu’au jour de sa chute, et encore longtemps après. Bientôt, cependant, même les plus enthousiastes éprouvèrent une cruelle désillusion. Le 7 juillet 1807, à Tilsit, Napoléon conclut la paix avec la Russie et peu après avec la Prusse ; de plus, il ne créa qu’un duché de Varsovie fort réduit, formé des territoires annexés par la Prusse lors du second et du troisième partage* – dépendant de la France et organisé sur le modèle français*. Le roi de Saxe, Frédéric Auguste, allié de Napoléon, devint le souverain de ce singulier petit Etat. L’administration et l’armée furent confiées à des Polonais. L’idée contenue dans le chant des légions, La Pologne n’est pas encore

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morte, trouvait une réalisation a minima – il était difficile en effet d’en imaginer une plus réduite.
Une accalmie momentanée succéda au tumulte des événements. Le 6 avril 1807, une fille naquit chez les Chopin, qui séjournaient alors à Varsovie. Pour honorer la bienveillante Mme Skarbek, la fillette fut baptisée Ludwika. Les mois passèrent. En 1808, Fryderyk Skarbek termina ses études au lycée de Varsovie. Sa famille ainsi que les Chopin revinrent à Żelazowa Wola. Peu après, le jeune homme partit pour Paris* afin d’étudier l’économie au Collège de France. Mme Skarbek, ses quatre enfants adolescents et le jeune couple ami restèrent à la campagne, où leur parvenaient les nouvelles de la guerre. En 1809, un nouveau conflit éclata entre Napoléon (ainsi que le duché de Varsovie) et l’Autriche. L’armée autrichienne occupa Varsovie mais en fut rapidement chassée ; le prince Józef Poniatowski battit les Autrichiens près de Raszyn, l’armée polonaise occupa les terres de Kielce et de Lublin ainsi que Cracovie – territoires qui furent rattachés au duché de Varsovie.
Quelques mois plus tard, le 1er mars 1810, à Żelazowa Wola, un second enfant, un fils, naquit dans la famille Chopin. En l’honneur du jeune Skarbek, ses parents le prénommèrent Fryderyk.

Notes de Tadeusz Zielinski  (page 793-794)

(1) Note de la page 9
« La vie de Nicolas Chopin entre 1780 et 1787 présentée dans ce livre est notre reconstitution de faits supposés, en accord pour la plupart avec les hypothèses de B. E. Sydow (1), de J. M. Chomiński (2) et de G. Ladaique (3). Nous ne disposons d’aucune information de première main sur l’amitié que les Weydlich auraient eue pour ce jeune garçon, ni sur l’intérêt qu’ils auraient manifesté pour son éducation, ni aucune autre information qui permette de dire que ce fut là la source de son différend avec sa famille. C’est néanmoins la version la plus plausible, sans laquelle il serait difficile d’expliquer de nombreux faits postérieurs. D’une lettre que le jeune homme adressa à ses parent (conservée par la famille française de Chopin et aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Paris), il ressort qu’il avait noué avec le ménage Weydlich des liens particulièrement étroits, qui avaient dû naître à Marainville d’où ils arrivèrent ensemble. L’éloge funèbre prononcé sur la tombe de Nicolas Chopin et rédigé par sa veuve, nous apprend que le défunt avait quitté son

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pays natal pour venir en Pologne en 1787, en compagnie d’une femme d’âge mûr « envers laquelle il se comporta comme un fils jusqu’à son décès (4) »  – il s’agit certainement de Mme Weydlich. Ayant à Marainville d’aussi puissants protecteurs que les Weydlich et le comte Pac, c’est probablement grâce à eux que Nicolas Chopin acquit l’instruction qui l’éleva au-dessus de sa condition. Ce n’est certes pas son père paysan qui avait pu lui apprendre à jouer de deux instruments, à lire des livres sérieux et lui donner suffisamment de notions de comptabilité pour qu’il fût capable de représenter les intérêts du comte Pac. Les études de l’abbé A. Evrard*, curé de Marainville, nous apprennent, entre autres, qu’après sa « fugue », le garçon fut considéré comme mort par sa famille ; ce fait montre bien que Nicolas était en différend avec elle, de même que les lettres restées sans réponse de Nicolas à ses parents – comme il le dit dans la lettre de 1790 qui a été conservée –, et le fait, en apparence fort curieux, que la famille de Varsovie de Chopin n’ait entretenu aucune relation avec Marainville, ni avec la famille de Lorraine, et que Frédéric, à son arrivée à Paris, n’ait pas cherché à renouer avec elle (5). la rupture de Nicolas Chopin avec sa famille de France était donc profonde et définitive, et elle s’est produite bien avant la naissance de Frédéric. »

(2) Note de la page 16
« On ne dispose d’aucune information sur la vie de Nicolas Chopin pendant la période qui s’est écoulé entre son service dans la Garde nationale et son entrée chez les Łączyński. Aucune preuve ne permet donc d’affirmer que c’est à cette époque qu’il acquit ses connaissances sur la littérature française et la littérature polonaise. Ce n’est qu’une présomption étayées par le fait que dans les années qui suivirent, Nicolas fut considéré comme un précepteur remarquable et compétent, et donc que son savoir avait une étendue supérieure à celle du savoir qu’il avait pu acquérir au cours de son adolescence. Il n’a pu le faire que dans une période antérieure à l’exercice de son nouveau métier. »

Références données par Tadeusz Zielinski (page 813)
1. Lettre inédite de Nicolas Chopin à ses parents, Kwartalnik Muzyczny, 1949, n° 28.
2. J. M. Chomiński, Chopin, Cracovie, 1978.
3. G. Ladaique, Les Ancêtres paternels de F. Chopin, in Sur les traces de F. Chopin, rééd. D. Pistone, Paris, 1984.
4. K. Kobylańska, La Correspondance de F. Chopin avec sa famille, Varsovie, 1972, p. 203.
5. Voir L. Gradstein, « Sur l’origine de la famille de Chopin », Ruch Muzyczny, 1960, n° 20.



Notes

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* En 1736, contraint d’abdiquer en Pologne, le roi Stanislas avait obtenu de son gendre, le roi de France Louis XV, la possession perpétuelle du duché de Lorraine : Stanislas Leszczynski, allié du roi de Suède Charles XII, est roi (élu) de Pologne de 1704 à 1709 et s'exile ensuite dans des territoires allemands sous influence suédoise ; en 1725, Louis XV épouse sa fille Marie. Son accession au duché de Lorraine est donc très postérieure à sa royauté polonaise.
En ce qui concerne la Lorraine, il s’agit d’un duché relevant de façon de plus en plus théorique du Saint Empire, de plus en plus dominé par la France, qui réussit en 1736, par accord avec l’Autriche, à évincer la dynastie régnante (François III devient duc de Toscane) pour placer Stanislas Leszczynski sur le trône, le duché devant devenir français à sa mort (ce qui advient en 1766).
* Il est resté dans la mémoire de ses sujets comme « le bon roi Stanislas » : c’est un peu un lieu commun historique, qui mériterait examen.

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* les nombreux Polonais qui avaient accompagné le roi en Lorraine : ce point demanderait à être analysé.
*le comte de Rutant, chambellan de Leszczynski : voir page spécifique (à venir).
*le comte Michal Pac : voir page spécifique
*Jan Adam Weydlich : voir page spécifique
* le syndic de la commune, représentant les habitants auprès du seigneur : ainsi qu’auprès de l’administration d’Etat, notamment fiscale
* François Chopin : voir la page Les familles Chopin de Lorraine et de Pologne

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* Il envoyait des lettres affectueuses à Marainville afin d’adoucir les rapports avec sa famille, mais ses missives restaient sans réponse : Tadeusz Zielinski s’appuie ici sur la lettre de Nicolas Chopin à ses parents, de septembre 1790 (qu’il cite immédiatement après).
*une nouvelle lettre : voir page spécifique.

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* acte officiel : Tadeusz Zielinski ne donne malheureusement pas de références pour l’acte de succession de François Chopin.
* Il commença par travailler comme comptable dans une fabrique de tabac, dirigée par un Français : voir page La manufacture de tabac de Varsovie
* le régime de la Respublica :  les traducteurs ont préféré ne pas écrire « le régime de la République » ; jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, la Pologne s’appelait officiellement Rzeczpospolita Obojga Narodów, ce qu’on traduit par « République des Deux nations », mais c’était un Etat monarchique formé par l’union (1569) du « royaume de Pologne » et du « grand-duché de Lituanie ». L’usage du mot « République » vient sans doute de ce qu’il s’agissait d’une monarchie élective.
Le Grand-duché de Lituanie incluait la Lituanie (Vilnius/Wilno), mais aussi les territoires « ruthènes » des actuelles Biélorussie (Russie blanche) et Ukraine (« Petite Russie ») ; la noblesse était polonaise ou polonisée, pas les populations rurales.

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* une amputation de son territoire par ses envahisseurs en 1772 : premier partage de la Pologne : la Russie, la Prusse et l’Autriche s’approprient certaines provinces du royaume.
* la constitution de la France révolutionnaire : elle date du 3 septembre 1791.
* le roi rejoignit Targowica : Stanislas Auguste est contraint d’entrer dans la ligue de Targowica, prorusse, dirigée au départ contre lui et contre sa politique d’émancipation (noter qu’il avait évolué, puisqu’au début de son règne, c’est lui qui était considéré comme prorusse, alors que la Confédération de Bar était antirusse)

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* le propriétaire de la fabrique où travaillait Chopin liquida ses affaires et quitta le pays : voir note page 13 (manufacture de tabac)
* Jan Kilinski (Jan Kiliński, 1760-1819) : c’est un des dirigeants de l’insurrection de Kosciuszko, chef de la Garde nationale de Varsovie. Personnalité aussi évoquée dans le livre de Bernard Gavoty (« Sa compagnie, commandée par le cordonnier Kilinski, a été appelée des avant-postes dans le centre de la ville »), de façon légèrement erronée, semble-t-il.

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* En fut-il réellement ainsi ? Il semble tout simplement que son intention de partir – si elle exista jamais – ne fut à aucun moment assez forte pour être réalisée : énoncé faussement hypercritique ; la remise en cause du témoignage de l’intéressé paraît un peu sommaire.
*son nom aux consonances étrangères – phénomène assez répandu dans l’intelligentsia polonaise – ne posait à cet égard aucun problème : par exemple : Elsner, Courtenay
* Mikołaj Chopin : les traducteurs conservent la formulation polonaise du prénom de Nicolas Chopin, ce qui n’est pas complètement justifié…
* la connaissance du français et celle de l’allemand, acquise dans sa Lorraine natale : il est douteux que les habitants de Marainville, et même ceux de Nancy, francophones, aient appris l’allemand, de façon aussi naturelle que semble le croire Zielinski.

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* Czerniewo, près de Kiernozia (au nord de Łowicz) : village de Mazovie (à 80 km à l’ouest de Varsovie, pas très éloigné de Zelazowa Wola)
* Ludwika Skarbek : voir la page La famille Skarbek ;
* son fils ainé, âgé de dix ans : voir la page Frédéric Skarbek (appelé plus bas de la forme polonaise de son prénom, Fryderyk)
* Kacper Skarbek : Kacper se prononce katspèr ; Casper est plus approprié en français

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* […] : cette omission de Zielinski correspond à la phrase suivante que l’on trouve dans le texte de Skarbek : « Chopin était venu en Pologne dès avant la révolution française, comme secrétaire et comptable à la manufacture de tabac, fondée par un sien compatriote à Varsovie. »
* Justyna et Eugeniusz Skarbek : Eugène Skarbek est le frère de Casper ; son épouse est Justine Dambska (Justyna Dąmbska)

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* Napoléon lança une attaque impétueuse contre les trois puissances qui occupaient la Respublica : en décembre 1805, il remporte la bataille d’Austerlitz contre les Autrichiens et les Russes ; l’Autriche conclut la paix. Il entre en guerre contre la Prusse qui est vaincue à Iéna (14 octobre 1806), et poursuit celle contre la Russie, vaincue à Eylau (février 1807) et Friedland (juin1807) ; il signe la paix à Tilsit,  avec la Russie le 7 juillet 1807 (une sorte de pacte de partage au détriment de la Prusse), avec la Prusse le 9 juillet.
* légions polonaises : corps formés à partir des soldats polonais de l’armée autrichienne en Italie dans les années 1796-1797.
* le duché de Varsovie, formé des territoires annexés par la Prusse lors du second et du troisième partage : en 1807, mais en 1809, suite à un nouveau conflit avec l’Autriche, Napoléon y ajoute la Petite Pologne (Lublin, Cracovie), annexée par l’Autriche en 1795 (ce que Zielinski indique page 20).
* organisé sur le modèle français : dans une certaine mesure, notamment, par l’utilisation du Code Napoléon.

20
*peu après [la fin de ses études secondaires], le jeune homme partit pour Paris : le départ de Frédéric Skarbek date en fait de la fin de 1809 ; il passe la fin de 1808 et le début de 1809 à Zelazowa Wola (cf. page spécifique), étant présent lors du conflit de 1809 entre la France et l’Autriche.


793-794

Note 1
* l’abbé A. Evrard : Adrien Evrard, curé de Marainville vers 1925, aurait correspondu avec Edouard Ganche au sujet de l'acte de baptême de Nicolas Chopin (voir le Journal des Débats du 27 janvier 1927 sur Gallica).





Création : 9 septembre 2013
Mise à jour : 16 octobre 2014
Révision : 16 octobre 2014




























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