jeudi 24 octobre 2013

119 Les Mémoires de Frédéric Skarbek : le chapitre 2 (extraits)

Quelques informations tirées des Mémoires de Frédéric Skarbek (chapitre « Mes années d’école »)


Classement : questions biographiques ; Frédéric Skarbek





Ceci est la suite des pages
* 25 Frédéric Skarbek (éléments biographiques sur cette personnalité polonaise du XIXème siècle, qui a par ailleurs bien connu Nicolas Chopin et sa famille) ;
* 60 Frédéric Skarbek : Pamiętniki (informations sur cet ouvrage, écrit entre 1860 et 1866 et publié en 1878 ;
* 67 Frédéric Skarbek biographe de Nicolas Chopin, à propos de son évocation assez longue du père de Chopin, dans le chapitre 1 de ces Mémoires (« Premières années de mon enfance »).

Dans cette page et dans les suivantes, je fais un résumé des chapitres 2 à 5 concernant la période 1804-1811, avec citations des passages intéressants pour la biographie de Frédéric Skarbek ou d’autres personnalités.

Les extraits ci-dessous sont édités par moi à partir de l'exemplaire de l'ouvrage disponible à la Bibliothèque polonaise de Paris. 

Les chapitres concernés
2 Mes années d’école

Chapitre 2 : Mes années d’école
Il évoque 

1) le rôle des frères Piaristes (Pijarzy) dans le maintien d’écoles polonaises sous la domination prussienne (10-11), la fondation du Lycée de Varsovie en 1804, lycée allemand, mais qui devait accorder sa part à la culture polonaise (12), 

2) son entrée au lycée en 1805 (pages 12-13) :
« W roku 1805 oddała mnie matka do Liceum Warszawskiego, w zamiarze usposobienia do słuchania na jakiej akademii niemieckiej. Obznajmiony od dzieciństwa z językiem tym, dostałem się do klassy czwartej niemieckiej (Deutsch-quarta) a to pomimo zupełnej nieznajomości laciny, przez wzgląd jedynie na ogólne usposobienie moje i na znajomość języków żyjących. Pamiętam studenckie powodzenie, jakie miałem przy pierwszym wstępie do klassy, w której nie było uczniów wyszłych z pod rąk guwernorów francuzkch; koledzy moi okazali mi przed przyjściem do szkoły, cztery wiersze francuskiej deklamacyi na ten dzień zadanej, których się z łatwością nauczyłem; nadeszła lekcya francuzka, oświadczyli koledzy professorowi Rousseau, że nowo przybyły student chce wyrecytować deklamacyą, a gdym z wlaściwém żakowi napuszeniem wiersze zadane wydeklamował, przywołał mnie professor, uściskał i oświadczył, że nie mam się już czego uczyć na jego lekcyi, jakoż przez cały czas pobytu mego w Liceum nie uczęszczałem wcale na wykłady języka francuzkiego. »
Traduction
« En 1805, ma mère me confia au Lycée de Varsovie, avec l’intention de m’incliner à devenir étudiant dans quelque institution allemande. Familier depuis mon enfance de cette langue, je fus placé dans la classe de Quatrième allemande (Deutsch-quarta), ceci malgré ma totale ignorance du latin, simplement en raison ma tournure générale d’esprit et de ma connaissance des langues vivantes. Je me rappelle le succès d’étudiant que j’obtins à mon arrivée dans la classe, dans laquelle il n’y avait pas d’[autre] élève sorti des mains de précepteurs français ; mes condisciples m’avaient montré avant de venir à l’école quatre vers de la déclamation française donnée pour ce jour, que j’appris facilement ; le cours de français arriva, et mes condisciples déclarèrent au professeur Rousseau, que le nouvel étudiant voulait réciter ; quand avec la fierté propre à un écolier, j’eus récité les vers donnés, le professeur me félicita, m’étreignis et me déclara que je n’avais plus rien à apprendre de ses cours : aussi durant tout le temps de mon séjour au Lycée, je ne participai pas du tout aux conférences de français. »

3) les professeurs qui l’ont marqué dans sa formation, ainsi que le directeur, Samuel Linde :
*« [...] Samuela Bogumiła Linde, uczonego rodem z Torunia, niemieckiego pochodzenia, ale dla stosunków ze znakomitemi literatami polskiemi i z powodu zajmowania się ułożeniem słownika tego narzecza, powszechną wziętość i dobre imie w kraju mającego. » (pages 11-12)
Traduction
« [...] de Samuel Bogumil Linde, érudit originaire de Torun, d’ascendance allemande, mais ayant une bonne réputation dans le pays en raison de ses relations avec des écrivains polonais importants et du fait qu’il s’occupait à établir un dictionnaire de cette langue »

*« [rektor Liceum Linde], który na prośby matki mojej, a dawniej jeszcze swej uczennicy w Toruniu, przyjął mnie do siebie, lubo innych pensyonarzy ne trzymał. » (page 15)
Traduction
« [le directeur du Lycée Linde], qui à la demande de ma mère (elle avait été son élève à Torun), m'hébergea chez lui, alors qu'il ne prenait pas d'autres pensionnaires. »
Commentaire
Le lien ancien entre Linde et Louise Fenger-Skarbek, signalé dans plusieurs textes, a donc sa source dans cette phrase elliptique de Frédéric Skarbek ; il devait s'agir d'un préceptorat ou de professorat à domicile (il est peu probable qu'il y ait eu à Torun un établissement pour jeunes filles avec des professeurs hommes).

*« […] miałem przed sobą wzór uczonego, ciąglą pracą zajętego, ne szczędzącego mi rad naukowych i używającego mnie nawet do pomocy w układaniu materyalów do słownika swego. Kiedy Linde przez niewłaściwe wdanie się swoje w sprawy polityczne, ściągnął był na siebie niechęć opozycyi, znaleźli się tacy, którzy usiłowali zaprzeczyć mu prawa do zasługi w piśmiennictwie polskiém i utrzymywali: że sławny Słownik języka polskiego nie był jego dziełem, lecz znalezionym rękopismem nieznajomego pisarza, jaki sobie przywłaszcył. Na zbicie tej potwarzy przytoczyć mogę to, że będąc w domu Lindego, widziałem, jak codziennie pracował nad tém znakomitém dziełem, że miał jeden pokój cały zastawiony szufladami z przegrodami do zecerskich kaszt podobnemi, w których znajdowały się porządkiem liter, kartki z wypisami autorów, lub z definicyami wyrazów do Słownika wchodzących i że ja sam układałem i porządkowałem te kartki, które on codziennie do rękopismu Słownika wpisywał. » (pages 15-16)
Traduction
« […] j’avais devant moi le modèle d’un érudit, toujours occupé au travail, ne m’épargnant pas les conseils scientifiques et m’utilisant même pour l’aider à mettre en ordre les matériaux pour son dictionnaire. Lorsque Linde, à cause de son engagement politique inapproprié dans les affaires politiques, [eut attiré sur lui la réticence de l’opposition], il s’est trouvé des gens qui s’efforçaient de lui contester ses droits à des mérites dans les lettres polonaises, et maintenaient que le fameux Dictionnaire de langue polonaise n’était pas son œuvre, mais le manuscrit retrouvé d’un auteur inconnu, qu’il s’était approprié. A l’encontre de cette calomnie, je puis signaler qu’étant dans la maison de Linde, je l’ai vu travailler chaque jour sur cet ouvrage important, qu’il avait une pièce entière pourvue de tiroirs avec des compartiments semblables à des casses de composition, dans lesquels se trouvaient dans l’ordre alphabétique des cartes avec des extraits d’auteurs ou des définitions d’expressions entrant dans le Dictionnaire et que moi-même j’ai rangé ces cartes, qu’il remplissait chaque jour pour le manuscrit du Dictionnaire. »

4) les conséquences de l’arrivée des troupes napoléoniennes dans la région, conséquences pour le lycée (division entre élèves polonais et allemands) et conséquences personnelles :
« Z powodu nieustannych przechodów wojsk i wynikającego ztąd niepokoju na wsi, przeniosła się matka moja z całym domem do Warszawy i odebrała mnie z pensyi od Lindego, tak iż wróciłem znowu pod przyjacielski nadzór dawnego nauczycieła mego Chopin'a i uczęszczałem tylko na nauki do Liceum. » (page 17)
Traduction

« A cause des continuels mouvements de troupe et de l’insécurité qui résultait à la campagne, ma mère transféra son domicile à Varsovie et me retira de la pension chez Linde, de sorte que je revins sous la garde amicale de mon professeur Chopin, n’allant au Lycée que pour les cours. »
Commentaires
*La formulation nauczyciela [mego] Chopin'a (de mon professeur Chopin) est intéressant : en 1830, la presse polonaise aurait écrit nauczyciela Chopin (invariable) ; actuellement, on écrirait nauczyciela Chopina. Cela indique sans doute que le mot, toujours ressenti par Frédéric Skarbek comme d'origine étrangère, est l'intégré à la langue polonaise par une marque de déclinaison, mais surajoutée, légèrement séparée du mot.
*Un point notable est que Skarbek n'évoque pas le mariage de Nicolas Chopin et Justyna Krzyzanowska, qui a eu lieu quelques mois plus tôt, en juin 1806.

5) son examen de fin d’études :
« Tak przepędziłem rok 1807 i doszedłem do najwyźszey klasy ośmej, w której przed publicznym egzaminem w r. 1808 zostało jedynie trzech uczniów, a że z tych jeden nieuczęszczając od pewnego czasu na wykłady, nie stawił się do tegoż egzaminu, drugi zachorował; zostałem przeto sam jeden i musiałem występować przed publicznością za całą najwyższą klassę. » (page 17)
Traduction
« Je passai ainsi l’année 1807 et arrivai à la classe la plus haute, la huitième, dans laquelle, avant l’examen public de l’année 1808, il restait seulement trois élèves* ; des trois, l’un qui n’assistait plus aux cours depuis un certain temps, ne se présenta pas à cet examen, l’autre était tombé malade ; il ne resta donc que moi et je dus me présenter devant le public pour toute la classe terminale. »
Note

*trois élèves : il explique qu’en raison des événements, beaucoup d’élèves (plus âgés que lui) s’étaient engagés dans l’armée.

Il conclut le chapitre en indiquant qu'après l'examen, il a été invité à un repas par le résident français, le baron Serra, qui assistait aux épreuves et l'avait trouvé assez brillant.



Création : 13 octobre 2013
Mise à jour : 28 octobre 2014
Révision : 28 octobre 2014





























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